* JESUS REVIENT *

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Epreuves et souffrance Enseignement de Daniel Steen


L’EXPÉRIENCE DU RENONCEMENT DE SOI, À TRAVERS LE BRISEMENT INTÉRIEUR, PAR PAUL MBUNGA MPINDI

Le chemin de la puissance spirituelle commence par la faiblesse spirituelle.

Il commence par le brisement spirituel et ouvre au renoncement spirituel. Aucun progrès, aucune profondeur spirituelle n’est possible sans le brisement et le renoncement spirituels. Qu’est-ce que le brisement spirituel ? Qu’est-ce que le renoncement spirituel ?

 

 

[Notre développement de ce chapitre dépend de l’étude excellente de Peter Scazzero, Emotionally Healthy Spirituality (Nashville : Integrity, 2006)]

1. Définition du brisement spirituel :

Le brisement spirituel est un bouleversement spirituel profond qui arrive au serviteur (ou à la servante) de Dieu, quand celui-ci, à travers les épreuves (difficultés de la vie) permises par Dieu, prend conscience de son péché profond, de sa misère intérieure, de son impuissance et incapacité à plaire et à servir Dieu de lui-même. Dans un langage imagé, le brisement spirituel intervient quand Dieu laisse le serviteur qu’il veut utiliser puissamment se « cogner » contre le « mur » et se « fracasser » afin de le refaire d’une manière profonde à l’image du Seigneur Jésus-Christ (2 Corinthiens 3 : 18).

En pratique, le brisement spirituel arrive à tout le monde. Aussi bien au chrétien spirituel qui sert Dieu avec dévouement et qui tend vers plus de sanctification et de maturité spirituelle, qu’au chrétien charnel, esclaves des désirs de la chair. Le brisement spirituel c’est le résultat de l’effondrement de l’ego ou du moi ou encore de la volonté indépendante du chrétien contre le « mur » que Dieu place sur son chemin pour le nettoyer. Voici le schéma qui explique le processus du brisement spirituel qui produit la puissance et la maturité spirituelle :

Marche spirituelle — Mur placé par Dieu — Brisement — Renoncement —- Puissance et Maturité spirituelles 

Le brisement spirituel ne résulte pas de l’effort personnel du chrétien. Le brisement spirituel résulte de l’action de Dieu dans la vie du croyant. C’est Dieu qui place un « mur » sur la voie du chrétien pour le pousser soit à progresser dans sa marche spirituelle soit à stagner. Le chrétien qui se laisse « briser » par le mur placé devant lui par Dieu, progresse spirituellement. Il passe à un niveau supérieur de foi, de puissance et de maturité dans la foi. Au contraire, le chrétien qui résiste au mur, celui qui essaie de le contourner, stagne dans la foi. Il devient stationnaire. Il ne perd pas son salut. Il ne perd pas sa foi. Mais il perd petit à petit sa puissance spirituelle et devient une terre dure de laquelle rien de spirituel ou de puissant ne peut pousser. Plusieurs chrétiens et serviteurs de Dieu se trouvent dans une situation semblable. Ils ont progressé spirituellement jusqu’à un point et ont cessé de croître parce qu’ils ont refusé le brisement que Dieu a placé devant eux.

2. Pourquoi le « mur » est-il nécessaire dans la marche chrétienne ?

L’ennemi numéro 1 du chrétien n’est pas le diable. L’ennemi numéro 1 du chrétien et de la puissance spirituelle c’est notre « hubris », notre « orgueil inné. » Nous naissons tous avec l’hubris. Qu’est-ce que l’hubris ? L’hubris, c’est l’ego, c’est le moi, c’est notre tendance innée à l’indépendance vis-à-vis de Dieu et des autres. L’orgueil nous affecte tous, chacun à son niveau. L’hubris c’est la défectuosité innée de notre cœur dont parle Jérémie 17 : 9-10 : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: Qui peut le connaître ? Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres. »

Tous, nous naissons avec une nature perverse. Nous naissons avec un cœur tortueux. La fibre de notre être est polluée par la rébellion contre Dieu. Sans que nous n’en prenions conscience, notre être intérieur n’aime pas être sous la domination de Dieu. Nous voulons être notre propre dieu. Avant de connaître le Christ, chacun de nous est son propre dieu. Après avoir connu le Christ, nous lui donnons la direction de notre vie. Mais notre tendance naturelle est de lui reprendre cette direction chaque fois que nous avons une décision importante à prendre. C’est là notre hubris, notre indépendance intérieure.

Dans la marche chrétienne, notre hubris se tient au travers de la volonté de Dieu. Dans le ministère chrétien, notre tendance à l’indépendance empêche Dieu d’accomplir son œuvre en et à travers nous. Dieu nous purifie et nous rend adéquat et efficace dans la vie chrétienne, Dieu place un « mur » devant nous afin que notre hubris s’y brise. Car ce n’est qu’à travers le brisement de notre orgueil intérieur que la puissance de Dieu est capable de pénétrer et d’agir librement à travers nous. La puissance et la maturité spirituelles sont impossibles sans le brisement et le renoncement spirituels.

3. En quoi consiste le « mur » spirituel ?

Le « mur » spirituel consiste dans les personnes, les circonstances et les événements négatifs, frustrants que Dieu permet dans notre vie dans le but de nous faire prendre conscience de notre saleté et misère spirituelles intérieures. Le « mur », les personnes, les circonstances et événements qui nous frustrent, offusquent, et offensent font jaillir en nous la colère, les insultes, la vengeance et la pourriture interne qui continuent à nous habiter après notre conversion à Christ. Chacun de nous, malgré sa conversion à Jésus-Christ continue de porter un certain degré de la chair qui le domine et s’oppose à la manifestation de la puissance de Dieu dans notre vie. Dans le processus de la marche et du ministère chrétien, nous développons des habitudes spirituelles nuisibles qui, sans que nous n’en prenions conscience, glorifient notre hubris, ainsi s’opposent à la volonté de Dieu.

Dieu qui nous aime et qui veut nous utiliser puissamment place des « murs » le long de notre marche spirituelle pour nous confronter avec les habitudes physiques, morales, sociales et spirituelles nocives qui empêchent la manifestation de sa puissance à travers nous et notre maturation spirituelle. Les « murs » spirituels sont donc placés volontairement par Dieu sur notre voie afin que notre orgueil personnel s’y brise.

En pratique, nous nous « cognons » contre le mur spirituel, quand une ou plusieurs personnes avec ou sans raison, se placent au travers de notre chemin. Ces personnes, dans la majorité des cas sont les membres de notre famille, des collaborateurs de service ou les membres de l’église locale que nous fréquentons. Ces personnes disent et font des choses qui sont de nature à nous faire « bouillir » intérieurement. Les paroles ou actions de ces personnes nous font penser, dire et faire des choses qui révèlent la méchanceté de notre cœur.

Les « murs » des circonstances que Dieu place contre nous sont des événements injustes, que nous ne pouvons contrôler, mais qui nous affectent profondément. Ces circonstances vont des frustrations mineures aux crises majeures qui nous arrivent dans la vie et nous font soit insulter et haïr les autres, soit insulter et haïr Dieu. Ces circonstances peuvent être le manque de réussite à l’école, au travail et dans la vie, la maladie personnelle ou la maladie et la mort des proches. Les « murs » que Dieu place sur notre marche spirituelle sont des circonstances dévastatrices qui nous font douter de nous-mêmes, des autres et de Dieu. La douleur provoquée par les « murs » est si intense qu’elle nous fait douter de l’amour, de la grâce et de la puissance de Dieu pour contrôler le mal qui se passe dans le monde. Les « murs » spirituels arrivent à tout le monde sans exception, chrétiens et non chrétiens.

4. Les 3 réactions possibles aux « murs » dans la vie chrétienne

Il y a 3 réactions possibles face aux « murs » d’épreuves et de souffrance que Dieu permet dans notre vie : le rejet de Dieu, l’endurcissement et le renoncement à soi qui correspond au brisement spirituel. Analysons ces 3 réactions possibles.

a. Le rejet de Dieu 

Confrontés aux « murs » que Dieu place sur leur marche et ministère chrétiens, plusieurs chrétiens et chrétiens en arrivent à rejeter Dieu. Pourquoi ? Parce que ces chrétiens refusent d’accepter les « murs », les épreuves et souffrances que Dieu permet dans leur vie. Devant les difficultés croissantes et l’apparente inaction de Dieu, les chrétiens rebelles renoncent, non pas à eux-mêmes, mais au contraire renoncent à Dieu. Les chrétiens qui rejettent Dieu et son église dans la souffrance sont ceux qui sont complètement dominés par leur propre ego (moi).

Ces chrétiens sentent que Dieu leur doit des explications. Ils sentent que Dieu a des comptes à leur rendre. Dieu doit expliquer pourquoi, lui qui est omnipotent, omniscient, omniprésent et amour, ne peut pas simplement intervenir pour mettre fin à leur souffrance. Ce genre de chrétiens, sûrs et remplis d’eux-mêmes congédient Dieu et son église de leur vie et vivent désormais en maître d’eux-mêmes. C’est le genre des chrétiens qui retournent dans le monde et deviennent pires que les non chrétiens. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit les paroles suivantes à propos de ce genre de chrétiens : « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie. Lorsqu’une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu’elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu. » (Hébreux 6 : 4-8)

Nos cités et pays sont remplis des « ex » chrétiens et chrétiennes. Des personnes qui ont abandonné la foi à cause de leur refus de passer au travers des « murs » de brisement que Dieu a placé sur le chemin de leur marche spirituelle. Au lieu de capituler devant Dieu, ces chrétiens et chrétiens lui ont résisté et l’ont finalement rejeté. Le sort final de ces chrétiens et chrétiennes est grave. Ici n’est pas le lieu de discuter de la question de la possibilité de la perte du salut. Mais comme le salut ne se perd pas, ceux qui rejettent Dieu à cause de leur refus de se laisser briser par lui, prouvent qu’ils étaient parmi nous sans réellement être des nôtres. Car comme l’écrit l’apôtre Jean : « Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists: par là nous connaissons que c’est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres. » (1 Jean 2 : 18-19).

b. La résistance et l’endurcissement spirituels

Plusieurs autres chrétiens et chrétiennes ne rejettent pas Dieu et l’église quand ils sont confrontés aux « murs » d’épreuves et de souffrance que Dieu place sur leur chemin spirituel. Au lieu du rejet, ces chrétiens et chrétiens résistent à Dieu. Ils refusent de se laisser briser par les « murs » que Dieu place sur leur chemin spirituel. Ils s’endurcissent dans leur résistance. Aux « murs » des personnes et circonstances négatives que Dieu permet dans leur vie, ils répondent par des « murs » de colère, des ressentiments, des rancunes, de haine, et des désirs de vengeance contre ceux qui les ont offensés et contre Dieu qui a permis ces difficultés dans leurs vies.

En pratique, l’église et le ministère pastoral sont remplis des chrétiens et pasteurs aigris contre les autres, contre le monde et contre Dieu. Ces chrétiens sont toujours chrétiens. Ils n’ont pas rejeté Dieu. Mais ils sont aigris, fâchés contre ceux qui les ont offensés et contre Dieu qui a permis ces offenses. Ces chrétiens ont des personnalités qu’ils ne peuvent pas et ne veulent pas pardonner. Ces chrétiens sont endurcis et spirituellement stagnants. Ils pratiquent la foi chrétienne sans vivre dans le brisement intérieur. Ils sont spirituellement impuissants. La puissance du Saint-Esprit ne peut se manifester en eux d’une manière consistante, parce qu’ils sont remplis d’eux-mêmes et de méchanceté contre ceux qui les ont offensés et contre Dieu. L’ironie de la situation est que ces chrétiens sont souvent victimes de la méchanceté des autres et de la vie. Mais parce qu’ils sont incapables de pardonner et de s’humilier devant Dieu, ils deviennent victime de leur propre résistance et endurcissement spirituels.

c. La soumission, le renoncement à soi et le brisement spirituels

Devant les « murs » des personnes et circonstances négatives que Dieu place dans la vie de tout chrétien, la seule réponse adéquate c’est la soumission à Dieu et le renoncement à soi qui produisent le brisement spirituel. Dans Jacques 4 : 6-10 : « L’Écriture dit: Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. ». La puissance et la maturité spirituelle se manifestent dans notre vie chrétienne quand nous laissons notre orgueil personnel se « fracasser » contre les « murs » des personnes qui nous offensent et des circonstances négatives qui se tiennent sur notre chemin.

En pratique, Dieu ne place pas un seul « mur » dans la vie du chrétien. Pendant différentes périodes de la marche chrétienne, Dieu place des « murs » dans notre vie pour détruire l’orgueil qui facilement nous enveloppe. Les « murs » ont pour objectif la purification de notre foi, comme l’affirme les apôtres Jacques et Pierre : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. » (Jacques 1 : 2-4).

« C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu ), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi. » (1 Pierre 1 : 6-9)

Mais le brisement n’est jamais une expérience facile. Il signifie le reniement de nos droits et de notre intérêt personnel pour les intérêts de Dieu.

5. Comment, en pratique expérimente-t-on le brisement et le renoncement spirituels ?

a. Le « mur » et la prise de conscience de notre pourriture intérieure 

Aucun progrès spirituel, aucune manifestation de la puissance de Dieu n’est possible si Dieu ne nous conduit pas à prendre conscience de la gravité de notre pourriture intérieure. Il est vrai que chacun de nous sait qu’il est pécheur de nature. Mais dans notre vie de chaque jour, la réalité de notre déchéance naturelle ne nous dérange pas souvent. Nous sommes et demeurons souvent aveugles vis-à-vis de notre pourriture intérieure. Et quand, par sa grâce Dieu nous utilise de plus en plus, nous nous trompons intérieurement en croyant que Dieu nous utilise peut-être parce que nous sommes préférables par rapport aux autres. Sans tarder, nous commençons à perdre de vue la réalité de notre corruption intérieure. Sans le dire tout haut, nous commençons à nous sentir plus spirituels que les autres. Pour nous sortir de cette fausse sécurité spirituelle, Dieu nous fait « cogner » contre le mur des personnes et circonstances qui nous offensent.

Soudain, du fond de notre cœur jaillissent les sources de la colère, de l’animosité, de la méchanceté, de la rébellion, et de la vengeance. Nous nous surprenons en train de penser des pensées inimaginables. Nous commençons à dire des choses indicibles. Nous commençons à faire des choses qui sont contraires à la volonté de Dieu. Nous sommes étonnés de nous-mêmes. Nous re-expérimentons notre nature déchue avec une telle force que cela nous plonge dans une crise spirituelle. Nous désespérons de nous-mêmes. Comment, nous qui connaissons Dieu si bien et si longtemps, pouvons encore penser, dire et faire ce que nous faisons ?

La prise de conscience de notre misère intérieure, le besoin urgent pour une intervention divine en notre faveur est le point de départ du brisement et du renoncement spirituels. Mais la prise de conscience de notre misère se produit en nous quand par la grâce du Seigneur, nous réalisons que le mal qui sort de nous ne vient pas de ceux qui nous oppriment. Le mal qui sort de nous vient du mal qui se trouve dans notre propre cœur. En effet, si quelqu’un presse notre bras, nous sentirons un petit pincement. Mais rien de mauvais ne sortira de notre bras si celui-ci est en bonne santé. Mais si nous avons un bras malade, rempli de pus, la petite pression venant d’un autre fera jaillir le pus qui se trouvait déjà en nous. Cette image montre que le pus qui sort de notre bras n’a pas été créé par la pression extérieure. Le pus qui sort de notre bras se trouvait déjà en nous. La pression extérieure n’a fait que le rendre manifeste.

Il en est de même des frustrations et circonstances extérieures. Elles ne créent pas le mal en nous. Les frustrations et épreuves de la vie révèlent le mal qui se trouve déjà dans notre cœur. Ainsi, les « murs » que Dieu envoie dans notre vie ont pour but de nous révéler le « pus » spirituel qui affecte notre âme afin que Dieu puisse nous guérir. Le chrétien soumis qui prend connaissance de sa pourriture intérieure à travers les épreuves, pardonne ceux qui l’ont offensé, non parce que ceux-ci sont innocents. Il leur pardonne parce que la méchanceté de ces derniers a révélé sa méchanceté personnelle. Il pardonne pour permettre à Dieu de lui pardonner et de le guérir des maux spirituels qui ont été rendus manifeste par les épreuves.

b. Le « mur » et l’appel au secours à la grâce de Dieu 

Mais pour l’expérience du mur soit positif, il faut qu’il nous conduise à appeler Dieu au secours. Il faut qu’elle nous conduise à expérimenter la grâce de Dieu. En effet, comme l’affirme l’apôtre Paul, seule la tristesse selon Dieu conduit à la repentance qui amène au salut. L’apôtre écrit : «Quoique je vous aie attristés par ma lettre, je ne m’en repens pas. Et, si je m’en suis repenti,-car je vois que cette lettre vous a attristés, bien que momentanément,- je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage. En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. » (2 Corinthiens 7 : 8-10)

c. Le « mur » et le renoncement à soi 

Le serviteur ou la servante de Dieu qui est réellement brisé par les circonstances négatives que Dieu permet dans sa vie expérimente le renoncement à soi. En quoi consiste le renoncement à soi ? Dans l’Evangile le Seigneur Jésus dit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Mtt16 :24.

Le renoncement spirituel, c’est la prise de conscience de notre déchéance, faiblesse et inutilité en tant que personne déchue, et la réalisation en même temps de la bonté et de la grâce de Dieu qui nous veut compagnon, malgré notre insuffisance. Renoncer à soi signifie en pratique cesser de placer sa confiance en soi-même, en ses capacités et compétence, dans les capacités et compétences des autres ou du système du monde. Et placer toute sa confiance uniquement en Dieu. Celui qui renonce à lui-même prend sa croix et suis Jésus-Christ. C’est-à-dire accepte la réalité de sa limitation humaine et s’engage dans la suite de Jésus-Christ qui est désormais le seul Seigneur et Sauveur de sa vie. Le renoncement à soi est un acte volontaire, une décision spirituelle prise avec lucidité et humilité devant Dieu. Le renoncement en soi c’est la prise de conscience de notre dépendance existentielle sur la personne de Dieu et la décision de vivre sous la direction de Dieu.

Le renoncement à soi se manifeste par une obéissance « joyeuse » à la volonté de Dieu telle qu’elle nous parvient à travers la Bible. Dans la Bible, tous les serviteurs et servantes utilisés puissamment par Dieu sont passés sans exception par l’expérience du brisement et du renoncement à Dieu. Voici quelques exemples :

– Abraham, après avoir reçu de grandes promesses de Dieu est soumis à une rude épreuve. Il vit presque toute sa vie active sans enfants. Mais malgré la peine de son attente, la Bible écrit ce qui suit à son sujet : « Abram eut foi dans le Seigneur, et pour cela le Seigneur le considéra comme juste. » (Genèse 15 : 6).

Après la naissance d’Isaac, Abraham sera une nouvelle fois profondément brisé par le Seigneur qui lui demandera de lui sacrifier son fils unique (Genèse 22). L’obéissance d’Abraham fut chaque fois suivie d’une plus grande communion avec son Dieu.

– Moïse a du fuir l’Egypte pour se réfugier dans le pays de Madian. C’est dans le désert que Dieu l’a appelé pour l’envoyer délivrer son peuple de la maison de servitude, de l’Egypte (Exode 1-6). Dans le désert, dans la peine et la souffrance, Moïse est puni par Dieu qui lui prive l’entrée dans la terre promise. Mais malgré cela, Moïse demeura fidèle au Dieu qui l’a si profondément brisé (Nombres 20 : 1-13 ; Deutéronome 3 : 23-28). Le témoignage que Dieu donne de Moïse n’est dépassé dans la Bible que par celui que Dieu donne sur Jésus-Christ son Fils unique. «L’Éternel descendit dans la colonne de nuée, et il se tint à l’entrée de la tente. Il appela Aaron et Marie, qui s’avancèrent tous les deux. Et il dit: Écoutez bien mes paroles! Lorsqu’il y aura parmi vous un prophète, c’est dans une vision que moi, l’Éternel, je me révélerai à lui, c’est dans un songe que je lui parlerai. Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l’Éternel. » (Nombres 12 : 5-8)

– David, « l’homme selon le cœur de Dieu » est durement frappé par Dieu à cause de sa désobéissance dans l’affaire de Batshéba (2 Samuel 12).

Il est de nouveau durement frappé dans l’affaire du recensement (2 Samuel 24). Mais à chaque fois, David s’était humilié devant son Dieu et en est sorti plus fort et puissant dans sa vie et ministère.

– Le prophète Esaïe n’expérimente la puissance de son appel que quand la manifestation de la gloire de Dieu dans le temple le terrifie et lui fait reconnaître et confesser ses péchés :

« Alors je dis: Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées. Mais l’un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche, et dit: Ceci a touché tes lèvres; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié.» (Esaïe 6 : 5-7)

– Jérémie passe par la même peur et brisement pendant son appel et le long de son ministère (Jérémie 1 : 4-9).

– L’apôtre Pierre est dépouillé de son autosuffisance spirituelle quand le Christ le laisse se « broyer » contre les 3 reniements successifs pendant son jugement (Matthieu 26 : 74). Avec amour et grâce, le Seigneur le rétablit à son service après sa résurrection (Jean 21 : 15-17).

– Paul, le pharisien tenace est terrassé sur le chemin de Damas par l’apparition du Seigneur Jésus-Christ (Actes 9). Toute sa vie durant, il portera la peine de la mission de l’Evangile qui l’emmènera au martyr.

– Le Seigneur Jésus-Christ est le parfait modèle du brisement et du renoncement spirituel. Comme l’explique l’apôtre Pierre : « C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. » (Hébreux 5 : 7-9).

L’histoire des personnages bibliques mentionnés ci-dessus montre qu’il n’y a pas de puissance spirituelle ; qu’il n’y a pas de maturité spirituelle ; qu’il n’y a pas d’onction spirituelle profonde sans le brisement et le renoncement de soi devant Dieu.


03/07/2016
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Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

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Source: http://www.oui-dieu-existe.fr/?indice=si-dieu-existe-pourquoi-la-souffrance.

Pourquoi la souffrance ? Et si Dieu existe-t-il réellement, alors pourquoi souffrons-nous ?

Cette question lancinante hante les hommes depuis l’origine de l’humanité. Combien de penseurs, d’écrivains, de philosophes, constatant la terrible réalité des souffrances humaines, ont retourné la question dans tous les sens.
L’homme se sent pris au piège, se sent contraint à subir des événements, des situations, qui lui font mal. D’où cela vient-il ? Pourquoi ? Et question ultime, existe-t-il une solution, une échappatoire, une réponse véritable et durable ?

Séquences de la vidéo
1. Avons-nous tous les éléments pour comprendre
2. Une question troublante
3. Dieu est-il vraiment comme ça
4. La Bible dévoile l’origine du problème
5. Et l’homme dans tout ça
6. Le grand plan de restauration

1

Avons-nous vraiment tous les éléments – et les capacités – nous permettant de comprendre les sources de nos souffrances ?

Loin des explications simplistes, la recherche des causes des souffrances qui nous assaillent nous ramènent aux méandres très compliquées de l’histoire humaine. Histoire des peuples auxquels nous appartenons, mais également nos histoires familiales, et même nos histoires personnelles.
Si certains causes sont faciles à comprendre –  » je conduisais un peu vite, j’ai cassé ma voiture, et je me suis retrouvé à l’hôpital  » – d’autres sont beaucoup plus diffuses, éloignées, voir totalement inconnues, comme le caractère guerrier d’un ancêtre éloigné, son choix de vivre à la campagne, son alcoolisme, son engagement philosophique, religieux ou politique – ou la maladie héréditaire qu’il a contracté pour telle ou telle cause. Il nous est évidemment impossible de mesurer les implications sur nos vies, sur notre entourage, sur nos propres personnalités, des innombrables choix qu’ont fait nos prédécesseurs. Alors dire  » c’est la faute de Dieu  » est une réponse pour le moins simpliste.
Dieu existe – mais l’homme aussi existe – et il passe sa vie à prendre des décisions, qui ont obligatoirement des répercussions, bonnes ou mauvaises.

2

Une question troublante, qui renferme en elle-même une précieuse indication

Cette partie de la vidéo insiste sur une question qui a interrogé beaucoup de penseurs, et qui est exposée très clairement par un ancien athée, écrivain et universitaire britannique, devenu chrétien et auteur de plusieurs ouvrages remarqués.
C.S. Lewis, connu aujourd’hui comme l’auteur du Monde de Narnia, était un penseur et écrivain athée, doté d’une grande lucidité. Comme beaucoup il se posait des questions sur les  » pourquoi  » de la vie. Il rapporte son cheminement personnel dans le livre  » Surpris par la joie  » (1) . Une question en particulier l’a conduit à une profonde réflexion, et l’a mené progressivement à la conviction claire et profonde que Dieu existait réellement, et que la foi chrétienne était basée sur la réalité (bien qu’il soit resté très critique vis-à-vis des institutions et églises en place. Ce qui est compréhensible).

La question est simple et mérite qu’on s’y arrête :
 » Pourquoi est-ce que je considère que la souffrance est injuste ? D’où me vient cette idée qu’elle est injuste ? « . Cette question simple éclaire en fait toute la problématique d’un jour nouveau.

3

Et si Dieu était différent de l’image que nous nous en faisons

D’une manière générale les religions ont beaucoup contribué à déformer l’image de Dieu. Il y a un gouffre entre la présentation que la Bible nous fait du Créateur et l’opinion qui circule chez nos contemporains.
La Bible nous présente le Créateur comme plein de sollicitude, d’amour, établissant les éléments avec harmonie, cherchant le bien-être de Ses créatures, en leur donnant des conseils de vie – alors que la religion donne plutôt de Lui une image faible, grimaçante, manipulatrice, voir cruelle et bornée.

C’est ici que nous avons vraiment besoin de la Bible pour apprendre à connaître qui Il est réellement – loin des clichés et des images véhiculées par des religions souvent aliénantes – ou des raccourcis de ceux qui opposent le  » Dieu de l’Ancien Testament  » à Celui du Nouveau Testament. Ils ne savent certainement pas que la parole reine  » Tu aimeras Ton prochain comme toi-même  » – est juste un commandement de l’Ancien Testament (Lévitique 19:18) cité par Jésus.

Et c’est ce qui surprend généralement tous ceux qui ouvrent les Evangiles, et découvrent qui est vraiment Jésus, ce qu’Il a vraiment fait, ce qu’Il a vraiment dit – et le visage de Dieu qu’Il nous fait découvrir. C’est même souvent un choc ! Evidemment.
Entre le Dieu qui commande (pour notre bien !)  » Tu ne tueras pas  » , puis Jésus qui vient se sacrifier par amour pour les hommes – et les opinions humaines qui conduisent aux guerres de religions – il y a un abîme. C’est le moins qu’on puisse dire. Il est frappant de constater à quel point les gens tiennent à leur opinion sur Dieu, citant un vague souvenir du catéchisme, ou un extrait de film – plutôt que de lire par eux-mêmes le texte biblique. Heureusement beaucoup reviennent à la Bible (elle n’est pas le best-seller mondial pour rien).
Mais les préjugés ont la vie dure – ce qui traduit certainement une peur, une culpabilité, qui devrait au contraire nous conduire à mieux connaître Celui qui se présente comme le  » Sauveur « . (2)

4

L’origine profonde de nos souffrances dévoilée par la Bible

C’est un réflexe totalement humain de chercher la cause des problèmes chez les autres. C’est la faute de nos ancêtres, de la société, des dirigeants, de ma femme… Moi je ne suis qu’une victime, et je ne pouvais pas faire autrement. Combien de fois nous cachons-nous derrière une avalanche de prétextes, plutôt que d’oser regarder en face la source primordiale de toutes nos déconvenues et de nos souffrances.

La Bible nous présente un Dieu bienveillant, qui nous a donné une vraie liberté – ce qui comporte obligatoirement une vraie responsabilité. Et bien plus que cela, Il nous a laissé un véritable  » Code de la Route de la Vie « , truffé de conseils, de mises en garde et de promesses.
A partir de là, chacun individuellement, mais également nous tous collectivement, nous pouvons nous orienter, faire des choix judicieux et user de notre liberté pour mener une vie paisible, joyeuse et jaillissante de bonheur – ou le contraire. C’est juste une question de position personnelle, et collective.

La Bible affirme sans ambiguité que l’origine réelle de toutes nos souffrances, y compris celles qui ne semblent pas dépendre de nos choix (tremblements de terre, maladies et autres événements extérieurs) résultent du fait que nous, les hommes, nous nous sommes détournés de Dieu. Face à une telle affirmation, certains sautent en l’air, alors que d’autres s’interrogent honnêtement. En effet, nous ne vivons pas seulement dans un monde régi par des lois physiques – mais notre monde est aussi régi par des lois morales et des lois spirituelles (3).

Certains défient Dieu :  » Ecoute Dieu, si je tire sur quelqu’un avec mon fusil et que Tu n’arrêtes pas la balle, tu en seras responsable  » – alors que d’autres reconnaissent que le commandement de ne pas tuer est bon pour tout le monde – et ils l’acceptent.

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Et l’homme dans tout ça – victime d’éléments qui le dépassent, ou participant à son propre malheur ?

Cette partie de la vidéo énonce quelques évidences sur la responsabilité de l’homme – et rappelle également que nous ne sommes pas que des individus, mais une collectivité. Nos choix ont des répercussions sur les autres, tout comme leurs choix entraînent des conséquences sur nos propres existences.
Il résulte de ces diverses constatations que nous sommes finalement plutôt d’accord avec Dieu – même si cela reste difficile à admettre pour beaucoup.
Nous voulons être libres – très bien – mais il n’y a pas de liberté réelle sans acceptation de règles réelles, avec des conséquences réelles. Evident non ?

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Le  » grand plan  » est prié de se présenter

Cette dernière partie aborde courtement ce qui constitue le coeur même du message biblique, et qui est parfaitement mis en lumière dans le Nouveau Testament.
Non, Jésus n’est pas  » juste une sorte de hippie  » anti-conformiste, utopiste et bien sympathique, ou un prophète apparu au sein du peuple juif sous domination romaine. Sa véritable mission, dévoilée dans les Evangiles (et même dans toute la Bible) a été de mettre en place un plan de restauration. Un plan universel, planétaire, valable à toutes les époques et pour tous les hommes. Et cela n’a rien à voir avec une petite philosophie ou une nouvelle religion.

Il est venu, par sa mort sur la croix et par sa résurrection, ouvrir une  » porte de sortie  » , un moyen de restaurer la relation brisée avec Dieu. Rétablir la relation avec Dieu est tellement essentiel que ce grand plan de restauration commence par ce point capital.
C’est l’occasion offerte à chaque individu de dire  » oui  » au rétablissement de la relation ultra-personnelle, intime, avec le Créateur. Cette démarche commence par le commencement. C’est au plus profond de l’homme, de sa conscience, que doit se faire ce retournement décisif : revenir au Créateur, accepter Son verdict, Son pardon – et Ses conseils. C’est seulement à partir de ce rétablissement relationnel, que pour l’individu tout commence à changer. C’est graduel, cela prend du temps, selon l’étendue des dégâts, mais c’est réel, profond et solide.

Et cela produit déjà ici-bas des bienfaits immenses, comme la paix intérieure, la joie véritable, la tranquilité, la capacité de bâtir des situations de bonheur – et même de véritables miracles physiques, allant jusqu’à des guérisons tout à fait physiques et réelles – sans oublier les nombreux exaucements vécus dans la vie quotidienne tout au long de l’existence terrestre !

Vu certains dégâts irréversibles (notamment à l’échelle collective, mais pas seulement) cette restauration ne pourra être totale, complète, que dans le temps à venir, au-delà des portes de la mort.
A noter que la décision de participer à cette seconde chance est une décision individuelle, qui doit être prise maintenant, ici-bas. C’est exactement ce Grand Message – magnifique, grandiose, message de pardon et de réconciliation avec  » le Père céleste  » – que véhiculent les chrétiens authentiques. Pourquoi donc ? Mais parce qu’ils l’ont expérimenté. Tout simplement.

Et c’est la véritable réponse, profonde et définitive, à toutes nos souffrances.

Notes et Références

1.    » Surpris par la joie  » C.S. Lewis. Un commentaire > France Culture – le livre > Surpris par la joie

2.    Evangile de Jean chap. 3 vers. 17  » Dieu, en effet, n’a pas envoy&eac