* JESUS REVIENT *

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ETUDE SUR L’EGLISE PRIMITIVE, FACE À CE QU’ONT PRODUIT 2000 ANS DE DÉRIVES ET DÉRAPAGES, PAR DOMINIQUE VERHEYE

L’église primitive était l’église qui en moins de 50 ans a inondé le monde civilisé de l’époque.   Elle était une église victorieuse, aucun réveil spirituel ne s’est développé aussi rapidement par la suite et n’a eu un tel impact sur les âmes.     

Actuellement, nous nous sommes tellement éloignés des préceptes de l’église primitive que nous n’avons plus aucun rapport avec elle.

Je vous présente quelques caractéristiques de nos églises actuelles, bien sur, vous ne retrouverez pas dans votre église tous les points énumérés ici et j’espère même pour vous le moins possible.   Tous ces éléments sont à l’opposé de ceux de l’église primitive. 

 

Ma description de l’église de notre temps n’est pas exhaustive.  Mais pouvez comparer par vous-mêmes votre église avec celle des premiers chrétiens.    

- Nous payons très cher nos bâtiments pour une occupation de peu d’heure par semaine.   

- Nous vivons des réunions dans la passivité.  Notre culte est devenu une cérémonie.  On a bien plus l’impression de se rendre à un spectacle que de vivre Christ.  Tout est préparé, tout est organisé, tout est prévisible. 

- Nous étudions la Parole pour remplir nos connaissances bibliques, mais cela ne va pas plus loin, car on oublie de La mettre en pratique.    On remplit notre cerveau, mais pas notre cœur.   

- Où se trouve l’amour fraternel entre chrétiens ?   Nous vivons le Dieu pour tous et chacun pour soi.  Lors du culte, on prévoit deux minutes afin de dire bonjour à notre voisin de chaise et après bye bye.  Dans les difficultés, on se retrouve bien souvent seul.  Dans le nouveau testament, l’expression « les uns les autres »  se retrouve environ 60 fois, combien de fois pouvez-vous l’expérimenter dans votre église ?

- Quand nous avons donné nos offrandes pour l’église, le pasteur, le bâtiment, le matériel, etc…   Que reste-t-il pour les pauvres ?   Que reste-t-il pour la mission ?   Nous sommes devenus tellement égoïstes que nous avons perdu toute solidarité avec nos frères dans le besoin ou pour l’évangélisation. 

- Nous donnons notre confiance à quelques responsables de l’église et principalement au pasteur, alors nous ne vivons plus l’Esprit Saint en nous.   Comment peut-Il agir en nous ?   On s’est retiré de Lui pour le remplacer par un homme.

- Le temps de prières se résume à un temps de chants dont la liste est prévue et le son est tellement fort que l’on n’entend même plus son voisin.   La musique est devenue un support pour susciter les émotions des membres de l’église. 

- Nos dénominations d’églises sont devenues tellement importantes que l’on rejette tout ce qui ne vient pas de chez soi.   On combattra même l’église voisine.   On ne lutte plus pour l’expansion de l’Evangile, mais on défend sa dénomination.

- Tout est devenu commerce, tout est payant au prix fort, même les prédications de sa propre église.   

- La puissance de l’église est désormais démontrée par le luxe qui s’y étale, par le salaire parfois exorbitant du pasteur, et on pense rendre ainsi gloire à Dieu.   Quand l’église est remplie tous les dimanches, on ne pense pas à doubler le culte, on choisit d’agrandir le bâtiment.

- Les dons spirituels sont exercés par des « spécialistes », leur « onction » est censée prouver la présence du Saint Esprit ;malheureusement, quand on y regarde de près, on ne voit pas de changement dans leurs aptitudes.

- La prédication est le socle du culte.   Elle est devenue un enseignement très théorique et elle ne nous conduit plus à l’application de la Parole.   Comme preuve: qu’avez-vous retenu du sermon de la semaine dernière ?

Certains d’entre vous se plaisent dans ce qu’ils vivent dans leur église et qu’ils n’ont aucun désir que l’église change.  Alors, tout ce que j’ai à vous dire, c’est merci de m’avoir lu, peut-être qu’un jour, vous serez appelé à relire ce texte.

D’autres ont été touchés dans leur conscience par ce texte et se rendent comptent que l’église est dans une mauvaise voie, que nous nous sommes trop éloignés de la Parole de Dieu, car si l’église primitive a été décrite dans la Bible, c’est que c’est l’exemple de ce qu’il faut pratiquer, même s’il faut l’adapter pour partie à son  temps.

De plus en plus de chrétiens ne se plaisent plus dans l’église actuelle.   Ils ont conscience compte que beaucoup de choses ne sont plus à la lumière de la Parole et ce présent texte ne sera qu’une confirmation.   Ils en ont déjà parlé à leur pasteur, mais ils ont été rejetés et ils se sentent seuls face à la pesanteur des systèmes établis. Ils  en appellent à une réforme de l’église, mais la seule réforme possible, c’est de revenir 2000 ans en arrière.

Serait-il si difficile de revenir aux fondements de l’église des premiers chrétiens ?  

J’aimerai prouver ici qu’il n’y a rien de difficile, et même que tout était vécu dans une grande simplicité.  Malheureusement, beaucoup trop de responsables d’églises auraient trop à y perdre : leur autorité sur le peuple de Dieu, les honneurs, même parfois l’idolâtrie, leurs titres, leurs revenus …   En plus, c’est eux qui au fur et à mesure des ans, on construit l’église en y ajoutant des nouveaux préceptes, des traditions, du cérémoniel, etc…  Donc, ce ne seront pas eux qui procéderont aux changements, sauf, bien sûr, pour quelques-uns qui prendront conscience qu’en réalité, leurs systèmes ne fonctionnent pas.

En fait, c’est dans notre vouloir que tout se joue.   Je n’ai pas à vous dire de quitter votre église.  Je vous considère comme des chrétiens responsables et c’est à l’Esprit Saint qu’il revient de vous parler et de vous dire ce que vous avez à faire. Il est important aussi que vous connaissiez les dangers que vous pourriez rencontrer en cas où vous vous décidez d’organiser des réunions dans les caractéristiques de l’église primitive.

Dans tout groupe, certains prennent la parole plus que d’autres, il faut donc que les animateurs soient vigilants à ne pas donner trop d’espace à ceux-ci et , au contraire, à pousser les timides à s’extérioriser. Probablement que vos membres viendront avec leurs enseignements, leurs doctrines, les caractéristiques de leurs dénominations.   Il faut veiller à que tout le monde oublie en quelque sorte leur passé, leurs propres connaissances, afin de se tourner vers ce que l’Esprit Saint dicte lors des lectures de la Parole de Dieu.

Certains voudront prendre le groupe en main, en devenir le chef, c’est le plus dangereux, car irrémédiablement, ce serait le retour de votre groupe vers nos églises traditionnelles.   Donc, avertissez-les une fois, deux fois, trois fois, et s’ils n’écoutent pas, vous devrez prendre la décision de les exclure.

Voilà, je pense avoir écrit l’essentiel sur le sujet et il ne me reste plus qu’à vous encourager.   Surtout ne pensez pas que vous êtes seuls, l’Esprit Saint est vivant et Il vous conduira dans les bonnes directions.   L’Eglise est le corps de Christ et nous en sommes les membres, chacun avec ses talents.   Vous aurez à prendre des décisions, mais n’ayez aucune crainte quand on se trouve dans la volonté de Dieu, Il amènera toutes choses à son terme.   Oui, nous pouvons retrouver l’efficacité de l’église primitive, ce n’est pas difficile, il suffit de se décider à y marcher et de prendre les initiatives dans la conduite du Saint Esprit.   Alors, le bon début, c’est de commencer par prier.

La période que nous étudions dans ce présent est donc les débuts de l’église et que l’on appelle l’église primitive.   Cette étude ne concerne donc que le 1er siècle de notre ère et spécifiquement entre le jour de la pentecôte où l’effusion du Saint Esprit était répandue et la fin du nouveau testament.

Cette présente étude est réalisée avec les mêmes méthodes de mon précédent article :contextes historiques de la restauration du temple à Jésus. Vous aurez ainsi toutes les données concernant la vie de tous les jours des premiers chrétiens.   Je vous conseille vivement de le lire avant d’entamer la suite, car, cela vous aidera beaucoup.

Dominique Verheye

 

L’église primitive

 

Qu’est-ce que l’Église?  

En grec, Eglise se dit « ekklesia, » ce qui signifie « appelé hors de. » Nous avons été appelés par Dieu à sortir du monde. Nous ne faisons plus partie du monde, ni du royaume de Satan. Dieu nous a transportés dans le Royaume du Fils de Son amour. Nous sommes un peuple saint pour le Seigneur.

On nomme églises des édifices dans lesquels on se rassemble pour un service religieux.   Mais nous ne trouvons pas ce nom ainsi appliqué dans la parole de Dieu.   On appelle encore églises des ensembles de personnes qui ont les mêmes idées religieuses, les mêmes formes de culte et sont régies, dans ce but, par les mêmes règles; ainsi on dit l’Église anglicane, l’Église baptiste, etc., mais l’Écriture ne parle de rien de semblable.

Comme je le disais plus haut, le mot Église signifie Assemblée, et, dans la bouche du Seigneur comme dans les écrits des apôtres, cette expression désigne ou bien l’ensemble de tous les vrais croyants en tous lieux à un moment donné sur la terre, ou bien l’ensemble de tous les saints ressuscités ou transmués et glorifiés, depuis la Pentecôte jusqu’au retour de Christ; alors l’Assemblée est complète; ou bien encore l’ensemble des chrétiens qui se réunissaient dans une localité.   Par exemple, quand l’apôtre Paul écrit à l’Église ou l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe, il s’adresse à tous les chrétiens de Corinthe; lorsqu’il recommande de saluer l’Église ou l’Assemblée qui se réunit chez Nymphas ou chez Philémon, il parle des chrétiens qui s’assemblaient chez l’un ou l’autre de ces frères pour le culte.

Mais quand il dit: «Christ a aimé l’Assemblée», c’est l’Assemblée complète, et lorsqu’il exhorte les anciens à paître «l’Assemblée de Dieu qu’il a acquise par le sang de son propre Fils», il veut dire tous les vrais croyants, lavés de leurs péchés dans le précieux sang de Christ, mais encore sur la terre.

L’Église n’a jamais été nommée avant que le Seigneur en eût parlé quand il dit à Pierre: «Je bâtirai mon assemblée».

Elle est donc à Lui, mais elle n’était pas commencée.   Ce n’est qu’après sa mort sur la croix et son entrée dans la gloire, que l’Église a pris naissance, et ce fut le jour de la Pentecôte, quand selon la promesse de Jésus le Saint Esprit fut descendu du ciel sur les disciples.   C’est à l’apôtre Paul que Dieu a donné la révélation de tous les privilèges de l’Église.   Auparavant, c’était un mystère caché, les saints et les prophètes de l’Ancien Testament ne le connaissaient pas.

Les instructions de Jésus

Le Seigneur Jésus, avant de monter au Ciel, avait laissé Ses dernières instructions à Ses disciples, en leur disant :

« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28: 18-20).

« Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il; car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Alors les apôtres réunis lui demandèrent: Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël? Il leur répondit: Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1: 4-8).

Ainsi, les Chrétiens sont tout d’abord des disciples du Seigneur Jésus. Un disciple de Jésus est quelqu’un qui croit en Lui et qui suit Ses enseignements, pour obéir à tout ce qu’Il lui a ordonné. C’est aussi quelqu’un qui a pour mission d’être un témoin vivant de Jésus-Christ. Pour cela, il a lui-même reçu sur lui, et en lui, l’onction du Saint-Esprit.

Les ordres donnés par le Seigneur étaient très précis:

  • Faites de toutes les nations des DISCIPLES.
  • Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
  • Enseignez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit.
  • Soyez baptisés du Saint-Esprit, afin de recevoir Ma puissance.
  • Ne vous éloignez pas de Jérusalem, tant que vous ne serez pas baptisés de l’Esprit.
  • Soyez Mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre.

Contrairement à ce qui se passe dans les religions de ce monde, les disciples du Seigneur Jésus ne devaient pas se contenter d’adhérer de manière intellectuelle à un ensemble de doctrines qui leur ont été léguées par leur Maître. Le fait de « croire en Jésus » implique le fait de reconnaître Sa nature et Son oeuvre, notamment Son oeuvre à la croix. L’enseignement n’était pas seulement donné de façon théorique, mais il était donné aussi de façon pratique afin de pouvoir l’appliquer dans la vie de tous les jours.   Cela implique aussi d’être intimement lié à Lui par Son Esprit, afin de recevoir Sa Vie et Sa Puissance, pour pouvoir être des témoins dignes de leur Maître.

Dans l’Evangile de Marc, le Seigneur Jésus précise un peu plus en quoi doit consister le ministère de Ses témoins, une fois qu’ils seraient revêtus de Son Esprit et de Sa puissance.

« Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu. Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient » (Marc 16: 15-20).

Le Seigneur leur donne une liste de miracles et de signes qui doivent accompagner le ministère de Ses disciples. Mais cette liste est loin d’être limitative! En effet, dans l’Évangile de Jean, le Seigneur avait dit à Ses disciples, parmi Ses dernières paroles:

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous » (Jean 14: 12-17).

Le jour de la pentecôte, naissance de l’Eglise.

Les apôtres retournèrent donc à Jérusalem dans la chambre haute où ils demeuraient. C’est là que se réunissaient avec eux les disciples, parmi lesquels se trouvaient les femmes qui avaient suivi Jésus sur la terre, qui l’avaient vu crucifier et mettre au tombeau, et qui, étant venues pour l’embaumer, l’avaient vu ressuscité. Avec eux il y avait aussi Marie, la mère de Jésus, et ses frères qui, durant sa vie, ne croyaient pas en Lui.

Quelle heureuse compagnie que celle qui se trouvait assemblée dans cette chambre haute ! Point de savants, ni de riches, ni de grands de ce monde : c’étaient de pauvres pécheurs, des péagers et d’humbles femmes, mais c’étaient des croyants sauvés, des bien-aimés de Christ, aimés du Père comme Jésus lui-même. Ils attendaient, comme Jésus le leur avait recommandé, et, en attendant, que faisaient-ils ? Ils persévéraient d’un commun accord dans la prière, demandant, sans nul doute, au nom de Jésus, que le Père accomplît sa promesse. Bien que Dieu ne perde jamais de vue ce qu’il nous promet, il aime que nous le lui demandions.

Ils n’eurent pas longtemps à attendre ; seulement dix jours. Une des grandes fêtes des Juifs était arrivée, celle de la Pentecôte. C’était un des trois jours solennels que Dieu avait lui-même établis dans l’année et dans lesquels il aimait à rassembler son peuple autour de Lui (Deutéronome 16:16). Les deux autres fêtes étaient celles de la Pâque et des Tabernacles ; la Pentecôte était entre les deux, environ cinquante jours après la Pâque. Une foule de Juifs de toutes nations étaient venus à cette occasion à Jérusalem ; des prosélytes, c’est-à-dire des étrangers désireux d’adopter la religion juive, les avaient accompagnés, et cette multitude remplissait la ville. Au milieu du bruit et du mouvement que produit toujours un grand concours de monde, il y avait une chambre retirée et paisible, cette chambre haute où se trouvaient réunies environ cent vingt personnes, celles dont nous avons parlé, dans une même pensée et dans une même attente. C’était une bien petite compagnie en comparaison de la multitude qui se pressait dans Jérusalem. Mais c’est sur ces quelques personnes assemblées, que les regards de Dieu étaient en ce moment arrêtés avec amour. Cela ne veut pas dire que Dieu n’aimât pas les autres et qu’il n’y eût pas dans cette grande foule venue pour la fête, des âmes pieuses, sincères, et qui étaient agréables à Dieu. Mais là, « tous ensemble dans un même lieu » étaient ceux qui avaient cru à Jésus, qui s’étaient attachés à Lui et l’avaient suivi, et le Père les aimait, car il aime ceux qui aiment son Fils, et il allait accomplir envers eux sa précieuse promesse.

Tout à coup se fit entendre du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, qui remplit toute la maison où ils se trouvaient. Et des langues, comme de feu, leur apparurent séparées les unes des autres et vinrent se poser sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

C’est ainsi que s’accomplit la promesse du Père. Jésus avait reçu en haut, de son Père, le Saint Esprit, et l’avait envoyé à ses disciples. L’Assemblée, l’Église, était commencée. Les croyants, déjà enfants de Dieu, étaient maintenant unis ensemble par ce lien du même Esprit que chacun avait reçu. Dieu avait sa maison sur la terre, son habitation où il était venu établir sa demeure par son Esprit. Ce n’était plus, comme le temple à Jérusalem, une maison de pierres ; celle-là était mise de côté : c’était une maison composée de pierres vivantes posées sur Christ, et de même que Dieu était venu autrefois dans le tabernacle et le temple au milieu de son peuple, mais dans une nuée, maintenant il venait dans un temple vivant pour y demeurer. Quelle grande et merveilleuse chose ! Et c’était alors aussi que le corps de Christ se formait de ses membres, c’est-à-dire de ceux qui croyaient en Lui, et qui étaient remplis du Saint Esprit. Ce n’était pas une nuée qui était venue comme au temps des Israélites, mais une puissance du ciel qui remplissait les croyants, une puissance, celle de la parole divine qui, de même qu’un feu, pénétrait les âmes et jugeait tout ce qui n’était pas de Dieu.

Que voulait dire ce fait que les disciples baptisés du Saint Esprit parlaient des langues étrangères ? C’était une marque de la puissance de l’Esprit de Dieu en eux, qui devait frapper, de la manière la plus forte, ceux qui en seraient les témoins ; c’était aussi une manifestation de la grâce de Dieu qui s’élevait au-dessus des barrières que le péché avait élevées, et qui venait s’adresser à tous les peuples.

L’effet produit ne fut pas le même chez tous. Les uns, ceux sans doute qui comprenaient les langues, s’étonnaient et se demandaient : Que veut dire ceci ? Tandis que d’autres, peut-être les habitants de Jérusalem qui n’avaient pas cru Jésus, ne comprenant pas les apôtres et les disciples, se moquaient d’eux, et, remplis de cette malveillance qui leur avait fait dire autrefois de Jésus qu’il était possédé du démon, ils accusaient les serviteurs de Christ d’être ivres.

Alors Pierre, dans la puissance du Saint Esprit, s’adressa d’abord aux moqueurs. Il leur dit que ces merveilles dont ils étaient témoins, étaient l’accomplissement d’une prophétie de Joël concernant les derniers jours. Dieu avait dit par ce prophète : « Je répandrai de mon Esprit… avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur ». Cette journée est celle du terrible jugement qui doit frapper la terre ; mais avant qu’elle vînt pour les Juifs incrédules, Dieu leur faisait entendre la parole de grâce par la bouche de Pierre : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ».

Après cela, Pierre s’adressa à tous et leur annonça Jésus. La vie sainte et pure du Sauveur, remplie d’actes et de miracles d’amour, avait été bien connue parmi les Juifs comme étant approuvée de Dieu. Et cependant, leur dit Pierre avec hardiesse, « vous l’avez cloué à une croix et l’avez fait périr par la main d’hommes iniques ». Puis il leur déclare que Dieu l’avait fait sortir du tombeau et qu’eux, les apôtres, l’avaient vu ressuscité, comme les Écritures l’annonçaient du Messie. Ensuite, Dieu l’avait exalté dans le ciel et fait asseoir à sa droite, mettant ainsi sur Jésus le sceau de son approbation, et c’était du ciel que Jésus avait envoyé le Saint Esprit qui accomplissait les merveilles dont les Juifs étaient témoins. Pierre termine son discours en disant : « Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ». Il place ainsi sur leur conscience le crime affreux dont ils s’étaient rendus coupables, en rejetant et mettant à mort Celui que Dieu avait envoyé vers eux dans son amour.

Quel courage chez Pierre ! Quelle différence avec ce Pierre qui, peu de jours auparavant, avait trois fois renié son Maître ! C’était l’Esprit Saint qui lui donnait cette hardiesse et qui donne aussi à tout croyant la force de confesser Jésus.

Le même Esprit agit avec puissance dans les cœurs d’un grand nombre de ceux qui écoutaient. Ils virent toute la grandeur du péché qu’ils avaient commis en rejetant Jésus. Ils se sentirent perdus et, le cœur transpercé de douleur, ils s’écrièrent : « Que ferons-nous ? ». Dieu ne laisse jamais un pareil cri sans réponse. Le même Jésus qu’ils avaient crucifié, était Celui vers lequel ils devaient se tourner pour être sauvés, et Pierre leur dit : « Repentez-vous », c’est-à-dire convertissez-vous, tournez-vous vers Jésus, « et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ». Être baptisé au nom de Jésus, c’était déclarer que l’on croyait en Lui et que l’on s’attachait à sa Personne, et alors on recevait la rémission ou le pardon de ses péchés. Et il en est de même aujourd’hui : c’est par Jésus, en croyant en Lui, que l’on est pardonné.

Mais Pierre annonce quelque chose de plus à ceux qui croiraient. « Vous recevrez », dit-il, « le don du Saint Esprit ». Ainsi, lorsqu’on se repent de ses péchés, et que l’on croit au Seigneur Jésus, Dieu nous pardonne et, de plus, met son Esprit en nous ; on fait alors partie de l’Église de Christ, de l’Assemblée de Dieu. Pierre pressa ses auditeurs, les conjurant de croire en Jésus, et de se séparer aussi du peuple juif incrédule et pervers sur lequel le jugement allait tomber. Le résultat fut bien grand et bien beau. Trois mille personnes crurent et furent baptisées ; elles reçurent le Saint Esprit et furent ajoutées à l’Église. Il en est de même aujourd’hui. Quand quelqu’un croit en Jésus et reçoit le Saint Esprit, il est séparé du monde et ajouté à l’Église du Dieu vivant.

Ainsi Pierre ouvrit aux Juifs les portes du royaume des cieux. L’œuvre de la grâce continua à s’étendre par le moyen des apôtres qui accomplissaient beaucoup de miracles et de prodiges, et aussi par la vue de la vie sainte des premiers chrétiens. « Le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés ».

Les premiers jours de l’église primitive

 

Les croyants se réunissaient pour la communion fraternelle, comptaient le nombre des membres, pourvoyaient à un secours matériel pour les nécessiteux parmi eux, « Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Actes 2: 42).

C’était l’enseignement des apôtres qui représentait la nourriture principale de l’Eglise.L’enseignement des apôtres est celui du Nouveau Testament. Contrairement à nous, ces croyants n’avaient pas le Nouveau Testament mais seulement l’Ancien.  Il leurs était donc nécessaire de persévérer dans l’enseignement des apôtres, car c’était par eux qu’ils pouvaient mieux connaître Christ et savoir comment Le suivre.  Bien entendu, ce même enseignement des apôtres fut écrit par la suite et devint le Nouveau Testament. Ainsi, de la même manière que ces premiers chrétiens persévéraient dans l’enseignement des apôtres, nous devons nous aussi persévérer dans l’étude du Nouveau Testament.

La communion fraternelle est, tout simplement, la fréquentation quotidienne des membres de l’église locale, dans un partage fraternel et familial des fardeaux, des soucis, des joies et des peines.

La fraction du pain était la commémoration de la mort du Seigneur, au cours d’un repas fraternel.

Les prières prenaient une place essentielle dans la vie de l’église, que ce soient les prières personnelles ou collectives, les prières par l’esprit (c’est-à-dire en langues) ou avec l’intelligence (c’est-à-dire dans notre langue maternelle) (1 Cor. 14: 14-19).

Les Chrétiens persévéraient dans toutes ces activités, destinées à les faire croître dans la maturité spirituelle.

Certaines choses indiquent que, très tôt à Jérusalem, l’Eglise avait au moins une vague organisation. Les apôtres étaient les responsables dans cette Eglise. Le jour de la Pentecôte, ils étaient donc réunis dans la chambre haute (Ac 1.13 ; 2.1). Le plus souvent cependant, ils semblent s’être réunis dans la maison d’un chrétien (Ac 2.46 ; 12.12), bien que, pour certains réunions, ils se rendaient apparemment encore au temple (Ac 2.46 ; 3.1). Tous ces facteurs indiquent les commencements d’une organisation dans l’Eglise de Jérusalem.

La vie quotidienne de ces premiers Chrétiens était faite de simplicité, de ferveur et d’amour fraternel.

« La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un coeur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. On parle d’une mise en commun de tout ce que les chrétiens possédaient : ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun (Ac 2:45).  On y trouve en particulier le cas de Joseph qui possédait un champ et qui le vendit pour en donner le prix aux Apôtres (Ac 4:36-37).  Cette mise en commun n’était pas obligatoire; il se peut qu’elle ait servi à remplir une caisse commune pour subvenir aux besoins des pauvres, à la manière de ce faisait déjà dans les Synagogues. C’est éventuellement à cela que fait également allusion le service des veuves (Ac 6:1).

Une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin » (Actes 4: 32-35).

« L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s’édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit » (Actes 9: 31).

Le conflit le plus grave auquel dut faire face l’Église primitive fut sans doute celui qui opposa les partisans de la loi à ceux de la grâce.

La toute première Église, à Jérusalem, fut exclusivement composée de Juifs convertis.

L’évangélisation

On trouve dans les Actes plusieurs passages sur la croissance numérique de la communauté chrétienne. À l’instar des miracles, la croissance apparaît comme l’efficacité même de la résurrection qui est à l’œuvre. À travers elle, les hommes et les femmes peuvent reconnaître l’action de Dieu et lui rendre gloire. Les Actes ont d’ailleurs été en partie écrits pour démontrer que la croissance de la première communauté est attribuable non pas tant à l’action des êtres humains qu’à celle de l’Esprit.

L’une des caractéristiques remarquables de l’Église primitive fut l’engagement spontané de l’ensemble des chrétiens dans la mission d’évangéliser. Tous pouvaient, d’une manière ou d’une autre, reprendre à leur compte la parole de Pierre et de Jean : Pour nous, nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendus (Ac 4:20).  Le témoignage des évènements vécus n’était pas l’exclusivité des apôtres. L’évangélisation était la mission de tous : Les croyants les plus simples considéraient l’évangélisation comme leur responsabilité. C’est pourquoi l’avancée du christianisme primitif fut due aux chrétiens « ordinaires »; l’Évangile se répandait par le moyen de ces missionnaires spontanés.

Faire connaître le Christ était une manière de rendre compte des évènements dont ils avaient eu une expérience directe. Le message de la Bonne Nouvelle se transmettait dans les réunions de maisons, dans les conversations occasionnelles, dans les prédications publiques, dans les discussions sur la place du marché ou à l’école de philosophie, dans le témoignage personnel, dans la rédaction de lettres et l’explication des Écritures. Il est intéressant de noter que l’Église primitive a peu organisé de grandes réunions publiques pour répandre l’Évangile. Cela tient, partiellement du moins, à la situation historique. Car les grandes assemblées publiques étaient interdites par décret impérial sauf à Jérusalem. Si nous exceptons les grands rassemblements dans la ville de Jérusalem qui nous sont rapportés dans les premiers chapitres des Actes, nous ne constatons rien de comparable jusqu’à la fin du IIe siècle.

Dans l’Antiquité, c’est le foyer qui joua un rôle considérable pour la propagation de l’Évangile. La dimension relativement restreinte des groupes qui s’y réunissaient facilitait les échanges et permettait à chacun de participer : L’aspect informel, l’atmosphère détendue et généralement accompagnée d’une chaude hospitalité, tout concourait au succès de cette forme d’évangélisation. Le Nouveau Testament nous rapporte par exemple les rencontres dans la maison de Jason à Thessalonique (Cf. Gal 1:12; 1Cor 15:1) et dans celle de Titius Justus à Corinthe (Cf. Rom 1:1 et Thes 2:2; 2:8-9).

Mais si l’emploi des maisons a été un des facteurs décisifs pour la propagation de la foi chrétienne, l’évangélisation de personne à personne n’a pas été moins efficace. Les Actes des Apôtres nous fournissent, dans le récit de Philippe avec l’Éthiopien, un exemple typique de ce genre de contact qui illustre l’impact de cette forme d’évangélisation (Ac 8:26-39).

Il est une autre caractéristique de l’Église primitive qu’il faut relever : la réelle puissance qui accompagnait la proclamation du message chrétien. Elle découlait de la conviction avec laquelle parlaient les prédicateurs. Ils étaient si remplis de l’Esprit de Dieu, si convaincus de la vérité et de la pertinence de leur message qu’ils impressionnaient les auditeurs lassés par les discours sans fin des philosophes. La puissance qui accompagnait le message des prédicateurs se manifestait aussi par les guérisons et les délivrances, dont l’importance fut inestimable pour l’avancement de l’Évangile. Jésus-Christ envoya ses disciples non seulement prêcher la conversion, mais encore chasser les démons et guérir les malades. Pierre et Jean ne se bornèrent pas à évangéliser le boiteux de naissance qui se tenait à la porte du temple, ils lui communiquèrent, au nom de Jésus, le pouvoir de marcher (Ac 3:1).

Les guérisons, les délivrances aussi bien que la prédication de la Parole firent que le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur augmentait de plus en plus (Ac 5:14).  Il y avait aussi dans l’Église primitive de nombreux prophètes : C’est un ministère auquel le Nouveau Testament fait souvent allusion. Il y en avait à Jérusalem, à Césarée, à Antioche, à Rome, à Corinthe, à Thessalonique et dans les Églises d’Asie Mineure (Ac 11:27; 13:1; Rom 12:6, 1Cor 12-14; 1Thes 5:20; Apo 1:3; 22:18). La prophétie était pratiquée indifféremment par des hommes et par des femmes et elle s’exerçait en vue de l’évangélisation (1Cor 14:24), de l’édification, de la consolation, de l’enseignement (1Cor 14:3). La prophétie est un don de l’Esprit que plusieurs possédaient (1Cor 12:29).

Elle était tenue en très haute estime, et le ministère de Prophète venait immédiatement après celui d’Apôtre.  C’est en effet par ces deux ministères que Jésus communiquait directement avec son peuple.

L’amour des premiers chrétiens, leur joie, la transformation de leurs habitudes de vie, donnaient de l’autorité à leur message. Ils avaient aussi une claire compréhension de la Bonne Nouvelle dont ils étaient les messagers. Le contenu de leur message et la manière dont il était présenté dépendaient dans une large mesure de la capacité à traduire les mots et les idées en des termes adaptés et aisément compréhensibles pour les auditeurs.  Il y avait ainsi une grande diversité dans la prédication de l’Évangile selon qu’elle s’adressait aux Grecs ou aux Juifs, aux intellectuels ou aux illettrés. Une chose demeurait cependant constante : le message était christocentrique, son centre n’était que la personne du Christ : Ces hommes avaient la conviction que toute la vérité sur Dieu et sur l’homme avait été révélée en Jésus. Intensément sensibles aux besoins de leur milieu, à la pensée du monde dans lequel ils vivaient, au langage le plus apte à éclairer leur esprit, ils gardaient un objectif simple et direct : conduire leurs auditeurs au Christ Jésus.

Les lieux où se réunissaient les chrétiens

Au commencement, il n’y avait qu’une seule Eglise locale : L’Eglise de Jérusalem. Il semble que l’on tînt les réunions au temple et dans différentes maisons, mais il n’y avait toutefois qu’une seule Eglise.

Probablement en raison des persécutions, les chrétiens ont abandonné de se réunir au temple afin de privilégier les maisons.

Le nombre des membres passa de 3000 à 5000, et le Seigneur en ajoutait à chaque jour (Ac 2.41, 47 ; 4.4 ; 5.14).   Les apôtres étaient des responsables de l’Eglise.

En raison de cette expansion de la foi chrétienne, d’autres Eglises furent fondées à de nouveaux endroits, à mesure que l’Evangile était prêché et cru, comme en Judée, en Samarie et dans le reste du monde, sans aucun doute d’après le modèle de celle de Jérusalem.

Notez bien que, dans tout le Nouveau Testament, l’Eglise est toujours la réunion de chrétiens d’une certaine localité, ville ou village. Quelle que soit la taille de la localité, le Seigneur considère que tous les membres du Corps de Christ qui vivent dans cette localité forment ensemble l’Eglise unique de Jésus-Christ dans cette localité.

Ces Chrétiens ne se réunissaient pas dans des bâtiments réservés aux activités de l’église.Les Chrétiens se réunissaient dans des maisons, et aucun bâtiment n’était désigné comme «l’église».  Si la localité était petite, une seule maison pouvait suffire pour recevoir l’assemblée des Chrétiens. Si la localité était vaste, comme Antioche ou Rome, les Chrétiens se répartissaient en une multitude d’assemblées de maisons, tout en gardant à l’esprit qu’ils continuaient à ne former, au niveau de la localité, qu’une seule Église, celle du Seigneur.

Même si tous les Chrétiens d’une même localité étaient répartis dans différentes maisons, ils gardaient le sentiment d’appartenir à un seul peuple. Il n’existait aucune dénomination, aucune division doctrinale entre les groupes de maisons.

Il n’y avait aucune église formée selon des critères ethniques, raciaux, nationaux ou sociaux, aucune église formée selon des affinités personnelles, aucune formée selon des « confessions de foi » ou des principes doctrinaux. Mais tous les Chrétiens de la même localité ou du même voisinage se réunissaient ensemble dans des maisons.

Les regroupements ou rassemblements des Chrétiens, dans le cadre de leur vie d’Église quotidienne, se faisaient exclusivement sur la base de la localité ou du voisinage. Ils n’auraient pas imaginé faire quelques kilomètres pour aller se joindre, dans une localité voisine, à une assemblée jugée plus proche de leurs idées! De même qu’on ne choisit pas les membres de sa famille, les premiers Chrétiens ne choisissaient pas leur assemblée. Ils se joignaient naturellement à l’assemblée de leur localité ou de leur quartier, si la localité était grande.

Lorsque Paul écrit aux Chrétiens de Corinthe, ou de telle autre localité, il s’adresse à « l’Église » de Corinthe, et non « aux églises de Corinthe ». En revanche, il adresse une épître « aux églises de Galatie, » car la Galatie était une province et non une localité.

Dans l’Eglise primitive, lorsqu’une personne répondait à l’Evangile de Jésus Christ, elle était ajoutée à l’Eglise. Elle n’avait pas à se demander si elle devait se joindre à l’assemblée locale ; c’était pris pour acquis.

 

Organisation de l’Eglise

L’organisation de l’Église primitive était très simple. Il faut dire aussi qu’elle était dirigée par des apôtres remplis de l’Esprit, qui connaissaient la volonté du Seigneur, et qui veillaient à garder l’Église sur le chemin de la Vérité !

Les premiers Chrétiens savaient, avant tout, qu’ils appartenaient à un seul peuple. Ils pouvaient parfois être en désaccord sur certaines doctrines, mais ils ne mettaient pas en doute le fait qu’ils étaient tous membres du Corps de Christ. Les différences doctrinales ne se traduisaient pas par la volonté de s’enfermer dans des dénominations différentes.

À l’image de ce qui se faisait dans les Synagogues, les chrétiens avaient mis sur pied un service des pauvres.

Les deux éléments essentiels à retenir de l’évangélisation et de l’organisation dans l’Église primitive c’est que la première communauté chrétienne était missionnaire et animée de l’Esprit Saint.

Les apôtres ont commencé à penser en termes d’organisation lorsqu’il a fallu régler les problèmes matériels de la communauté. Ils ont délégué leurs tâches tant au niveau des services que de la prédication. Guidés et accompagnés par la puissance de l’Esprit, les premiers chrétiens avaient un but essentiel : témoigner de la résurrection de Jésus.

L’Eglise locale a vu le jour d’une façon très simple. Au début, il n’y avait pas d’organisation, mais simplement un lien d’amour, de communion fraternelle, de doctrine et de coopération. Peu à peu, l’arrangement vague du début sous les apôtres a cependant fait place à une organisation. Parce que les membres étaient déjà membres de la véritable Eglise, ils se sont sentis poussés à organiser des Eglises locales dans lesquelles les réalités invisibles en Christ pourraient servir au bien commun. La manière exacte de cette fondation ne nous est pas rapportée. Paul recommanda à Tite : Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné (Tt 1.5).

Là où un groupe de croyants avait été formé dans une communauté, des anciens étaient désignés comme responsables (Ac 14.23).

L’assemblée locale était activement mêlée à toutes les affaires de l’Eglise. Quelle qu’ait été l’autorité déléguée, elle n’ignorait pas les besoins du corps.

Dieu a placé les uns dans l’assemblée, d’abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs, ensuite des miracles, puis des dons de grâce de guérisons, des aides, des gouvernements, diverses sortes de langues (1Co 12.28). Toutes les églises locales étaient parfaitement autonomes pour ce qui concerne la gestion de leurs affaires spirituelles et matérielles. Parfois, les anciens de plusieurs localités pouvaient se réunir, afin de régler des problèmes communs à l’ensemble des églises, comme on peut le voir dans Actes 15. Les décisions devaient être prises à l’unanimité, sous la direction du Saint-Esprit. En effet, si les églises locales restaient maîtresses de la gestion de leurs affaires courantes, elles savaient toutes qu’elles appartenaient avant tout à l’Église universelle de Jésus-Christ, une et indivisible, et que le Seigneur Jésus restait la Tête de cette Église, et Celui qui la bâtissait par Son Esprit et Sa Parole. Tant que les anciens restaient remplis du Saint-Esprit, ils avaient tous la pensée du Seigneur, et ils ne pouvaient qu’être unanimes ! Etant en communion avec Dieu, ils pouvaient aussi recevoir Sa sagesse, pour diriger Son peuple et pour exercer la discipline spirituelle nécessaire.

Par la suite, lorsque le Seigneur leur révéla qu’Il ouvrait aussi la porte du salut aux païens, une partie des Juifs convertis voulut imposer la Loi de Moïse à ces nouveaux disciples, tandis qu’une autre partie, l’apôtre Paul en tête, avait compris que Juifs et païens convertis à Jésus-Christ étaient tous au bénéfice d’une nouvelle alliance, et étaient passés dans une nouvelle ère, celle de la Grâce.

L’Église primitive faillit se diviser sur ce point capital de doctrine, mais le Saint-Esprit parvint à mettre tout le monde d’accord. Toutefois, l’apôtre Paul dut souffrir, tout au long de son ministère, de l’opposition des partisans de la Loi, qui n’ont jamais complètement rendu les armes. Ces tensions ne furent toutefois pas suffisantes pour créer une séparation et constituer deux Églises distinctes.

Ce n’est que dans la suite des siècles que les séparations se sont multipliés, pour aboutir à la situation morcelée que l’on peut constater aujourd’hui. Il est clair que ces schismes n’étaient pas dans la volonté du Seigneur. Ce sont les hommes qui ont créé ces divisions.

Les pasteurs qui disent habituellement à leurs rassemblements « nous faisons tout selon le livre » et qui répètent toujours cette même liturgie blindée ne sont simplement pas corrects (Je concède que le manque d’exactitude est dû à l’ignorance plutôt qu’à la déception intentionnelle).

Les fonctions de l’église

L’Eglise doit prouver au monde qui l’entoure que Dieu habite bien en elle et au milieu d’elle. Elle ne peut le faire que si elle est remplie de la Vie de Dieu et de Son Esprit Saint.

Si l’Eglise n’était qu’une organisation religieuse parmi les autres, ses membres ne seraient différents en rien des autres hommes. Mais l’Eglise est un Corps Vivant de la Vie éternelle du Dieu Créateur ! Elle n’est pas de ce monde! Elle est d’en haut!

L’Eglise est composée d’hommes et de femmes qui sont de nouvelles créations en Christ. Leur esprit régénéré est « assis en Christ dans les lieux célestes, » à la droite même du Père. Quelle position privilégiée ! Quelle grâce !

L’Eglise n’est pas de ce monde, mais elle est au milieu de ce monde, afin de servir de témoignage à la gloire de Dieu, et d’attirer à la lumière du Seigneur tous ceux qui sont de la lumière.

Jusqu’au dernier jour, jusqu’à ce que le Seigneur enlève Son Eglise de ce monde, l’Eglise sera répartie dans le monde entier, apparemment mêlée à l’ivraie qui pousse au milieu d’elle.

L’Eglise primitive a élu ses responsables et délégués (Ac 6.1-6 ; 15.2).
Chaque Eglise avait le pouvoir d’établir sa propre discipline (Mt 18.17s ; 1Co 5.13 ; 2Co 2.6 ; 2Th 3.6, 14).
L’Eglise, avec ses responsables, rendait les décisions (Ac 15.22), recevait les délégués (Ac 15.4 ; 18.27) et envoyait des représentants (2Co 8.19) et des missionnaires (Ac 13.3s ; 14.26).

Les caractéristiques des réunions des églises locales

Ces réunions se caractérisent par le fonctionnement de chaque membre, par la spontanéité, la liberté, la résonnance, et ouvertes à la participation. C’était une réunion limpide, pas un rituel statique.   Et il était imprévisible, à la différence de l’office moderne de nos jours.

De plus, la réunion d’église du premier siècle n’était pas modelée d’après le service de synagogue juive.   Au lieu de cela, elle était totalement unique à la culture.

Je vous présente les versets qui nous montrent parfaitement comment se déroulaient les réunions et comment se comportaient les premiers chrétiens.

Actes 2/42 Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

Actes 2/46 Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, 47 louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple.   Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés.

1 Cor/26 Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. 27 En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète ; 28 s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Eglise, et qu’on parle à soi–même et à Dieu. 29 Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent ; 30 et si un autre qui est assis a une révélation, que le premier se taise. 31 Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés.

Tous les frères et soeurs étaient appelés, ensemble, à :

- gérer leur propres affaires (1 Cor. 11:33-34; 14:39-40; 16:2-3)
– discipliner les membres déchus (1 Cor. 5:3-5; 6:1-6)
– avertir ceux qui vivent dans le désordre (1 Thess. 5:14)

- supporter les faibles (1 Thess. 5:14)
– abonder dans l’oeuvre du Seigneur (1 Cor. 15:58)
– s’exhorter les uns les autres (Rom. 15:14; Heb. 3:13; 10:25)
– s’enseigner les uns les autres (Col. 3:16)
– prophétiser les uns aux autres (1 Cor. 14:31)
– se rendre serviteurs les uns des autres (Gal. 5:13)
– porter les fardeaux les uns des autres (Gal. 6:2)
– prendre soin les uns des autres (1 Cor. 12:25)
– s’aimer les uns les autres (Rom. 13:8; 1 Thess. 5:11)
– se supporter les uns les autres (Eph. 4:2; Col. 3:13)
– s’exciter mutuellement à l’amour et aux bonnes oeuvres (Heb. 10:24)
– s’encourager les uns les autres (1 Thess. 5:11)
– prier les uns pour les autres (Ja. 5:16)
– exercer l’hospitalité les uns envers les autres (1 Pierre 4:9)
– être en communion les uns avec les autres (1 Jean 1:7)
– confesser leurs péchés les uns aux autres (Ja. 5:16)

Eph 5:19 entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur ;

Heb 12:14 Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.

Heb 13:16 Et n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.

Un autre résultat de cette vie avec Dieu, était la louange qui débordait de leur cœur envers le Dieu de toutes grâces.   Ils rendaient grâces en toutes choses, comme nous sommes aussi exhortés à le faire.

Quel contraste avec leur vie d’autrefois, quand ils étaient accablés sous le lourd fardeau des ordonnances selon les traditions des hommes, et qu’ils ne jouissaient pas de la paix avec Dieu et ne le connaissaient pas comme leur Père !   Maintenant, ils étaient heureux; tout le peuple le voyait et ne pouvait s’empêcher de les approuver.   Leur vie sainte, dévouée et joyeuse, était une prédication dont le Seigneur se servait pour sauver de nouvelles âmes et les amener dans l’Assemblée.   Puisse notre vie ressembler à la leur !

Les réunions des premiers chrétiens étaient donc très fréquentes.   Outre ces réunions ordinaires, on retrouve aussi des réunions d’évangélisation et des réunions spécifiques à l’enseignement.   Ces dernières n’étaient qu’épisodiques et elles se déroulaient lorsqu’un apôtre rendait visite à l’église locale ou lors de la visite par exemple d’un ancien qui a été envoyé par une autre église locale. Comme toutes les décisions étaient prises en commun, des réunions pour l’organisation de l’église étaient aussi prévues lorsque le besoin s’en faisait ressentir.

La collecte pour l’œuvre du Seigneur

L’égoïsme avait disparu du cœur de ces premiers chrétiens; ce qui était à l’un était aussi à l’autre.   L’attachement aux biens de la terre, si puissant chez les Juifs, n’existait plus. Les fidèles avaient des biens plus excellents, des biens célestes et permanents.   Ils ne pouvaient supporter la pensée que quelqu’un des membres de la famille de Dieu pût souffrir dans le besoin, quand eux-mêmes étaient dans l’abondance, ils vendaient donc leurs possessions et leurs biens, et le produit en était distribué aux nécessiteux.   L’apôtre Jean disait plus tard: «Celui qui a les biens de ce monde, et qui voit son frère dans le besoin, et qui lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui?».

En ces premiers et heureux temps, l’amour de Dieu avait toute sa place dans le cœur des croyants; il était en eux dans toute sa fraîcheur et sa puissance, et ils comprenaient la réalité de cette parole: «Celui qui aime Dieu, aime aussi son frère».   C’était le temps du premier amour. Demandons à Dieu de le connaître aussi.

Peut-être cette question surgira dans quelque esprit: «Les chrétiens de nos jours sont-ils aussi appelés à vendre leurs biens pour en distribuer le prix aux pauvres?». La parole de Dieu n’établit nulle part cela comme une règle à suivre.  C’était spontanément que les premiers chrétiens le faisaient. Dieu a voulu montrer par là d’une manière palpable la puissance du Saint Esprit dans le cœur, et en même temps le principe qui, à toutes les époques, doit animer la vie des chrétiens.   Le même esprit d’amour, de renoncement et de dévouement, devrait être dans nos cœurs, et se montrer dans nos sentiments et nos actes envers les autres. Ce que l’apôtre Jean écrivait est aussi pour nous:

«Bien-aimés, aimons-nous l’un l’autre. Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité».

L’apôtre Paul dit à son disciple Timothée, d’ordonner aux riches, non de vendre leurs biens, mais de n’être pas hautains, de ne pas mettre leur confiance dans les richesses instables, mais en Dieu qui les donne; de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, prompts à donner.

Une contestation est survenue entre les premiers chrétiens concernant la distribution des dons pour les veuves.

« Actes 6/1 Or en ces jours-là, le nombre des disciples se multipliant, il s’éleva un murmure des Hellénistes contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans le service journalier. 2 Et les douze, ayant appelé la multitude des disciples, dirent, Il ne convient pas que, laissant la parole de Dieu, nous servions aux tables. 3 Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d’entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons sur cette affaire. 4 Et, pour nous, nous persévérons dans la prière et dans le service de la parole. 5 Et ce discours plut à toute la multitude ; et ils choisirent Etienne, homme plein de foi et de l’Esprit Saint, et Philippe, et Prochore, et Nicanor, et Timon, et Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche, 6 qu’ils présentèrent aux apôtres ; et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains ».

Un désaccord avait surgi parmi les croyants, entre les Hellénistes et les Hébreux. Au temps du Nouveau Testament, il existait deux principaux groupes parmi les Juifs : d’un côté, ceux de langue hébraïque ou araméenne et vivant en Israël (les Hébreux) ; et de l’autre, ceux de langue grecque et vivant dans d’autres pays de l’Empire romain (les Héllénistes).

A l’époque de Jésus, certains Juifs hellénistes vivaient aussi à Jérusalem, et après sa résurrection, certains d’entre eux avaient cru en Lui. Il y avait parmi eux des veuves. Quelque temps après, ces croyants hellénistes se plaignirent que leurs veuves ne recevaient pas leur juste part de la nourriture que les apôtres distribuaient quotidiennement aux indigents de l’église. Rappelons-nous que de nombreux croyants avaient vendu leurs biens et en avaient donné le montant aux apôtres pour qu’ils les distribuent aux nécessiteux, parmi lesquels figuraient toujours des veuves (Ac 4:34-35). Il est possible que les apôtres aient été si occupés à d’autres tâches qu’ils n’aient pas eu le temps de veiller à ce que cela se fasse de façon équitable.

Notez la manière et la rapidité avec laquelle les plaintes et la division sont apparues au sein de cette première église chrétienne !

Le sujet même de ce conflit reposait essentiellement sur un problème d’argent, sur la façon pour l’église de dépenser l’argent et de distribuer la nourriture. Même si le nombre de disciples augmentait rapidement, Satan cherchait à semer la division, le mécontentement et la convoitise. Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d’entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons sur cette affaire….   Et ce discours plut à toute la multitude; et ils choisirent Etienne, homme plein de foi et de l’Esprit Saint, et Philippe, et Prochore, et Nicanor, et Timon, et Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche, qu’ils présentèrent aux apôtres; et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains (Ac 6.3, 5-6).
Et leur ayant choisi (désigné = lever la main) des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru (Ac 14.23).

La collecte était au départ organisé par les apôtres. Ecrivant à l’Eglise de Corinthe, depuis Ephèse, Paul affirma qu’il avait déjà donné des ordres aux Eglises de Galatie et il leur donna ensuite des instructions concernant la collecte pour les saints (1Co 16.1).  Ils devaient donner régulièrement, proportionnellement et dans un but précis. Ils devaient donner le premier jour de la semaine selon la prospérité de chacun, pour les saints. Paul les invite à donner libéralement (2Co 8.1-5) et invite l’Eglise de Corinthe à suivre leur exemple (2Co 8.6-9.5).  Dans l’Epître aux Romains, Paul parle de la collecte qu’il porte à Jérusalem (15.25-28).  Devant Félix, Paul fait allusion à cette collecte qu’il avait apportée pour sa nation (Ac 24.17). Les Eglises de Galatie, de Macédoine et d’Achaïe ont donc participé à un effort organisé pour recueillir des fonds pour les pauvres de Judée.

N’oublions pas aussi que des collectes étaient organisées aussi pour le soutien de la mission, pour ceux qui allaient propager l’Evangile en dehors de l’église locale.

Les serviteurs de Dieu doivent être soutenus. Toutefois, ils doivent aussi être prêts en tout temps à travailler de leurs propres mains si le Seigneur les dirige ainsi. (Phil. 4, 15-19; I Cor. 9, 4-14; GaI. 6, 6; I Tim. 5, 17-18; 2 Cor. 11, 7-12; 2 Thess. 3, 7-9).

Du temps de Paul, la plupart des philosophes et des docteurs se faisaient payer pour leur enseignement (2Co 2:17). Comme Paul n’exigeait rien (car il gagnait sa vie en fabriquant des tentes*), ses adversaires au sein de l’église de Corinthe en déduisaient que son enseignement n’avait aucune valeur. L’apôtre demande ironiquement aux Corinthiens : « ai-je commis un péché en ne demandant pas de salaire pour mon enseignement ? »  Paul aurait eu le droit de se faire rétribuer (1Co 9:14).  Mais il avait renoncé à ce droit afin que personne ne puisse l’accuser de cupidité (1Co 9:12, 15,18 ; 1Th 2:9 ; 2Th 3:7-9).   Aux chicanes de quelques-uns, l’apôtre répond de façon à se situer lui-même comme un exemple de désintéressement, pour le bien des autres. Il avait le droit de se marier aussi bien que les autres apôtres, et de réclamer ce qui était nécessaire pour son épouse et ses enfants s’il en avait eu, de la part des églises, sans avoir à travailler de ses propres mains pour l’obtenir. Ceux qui cherchent à faire du bien à nos âmes doivent avoir la nourriture qui leur est fournie. Mais il a renoncé à son droit, plutôt que d’entraver son succès en le réclamant.

 * Note MAV: uniquement lorsqu’il ne recevait rien des frères ! Ce passage est souvent sorti de son contexte, ce qui est dommage. Outre le souci de Paul de ne pas donner à médire par les détracteurs du véritable évangile, qui eux extorquaient de l’argent aux gens, regardons bien le passage: 

Act 18: 2 Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d’Italie avec sa femme Priscille, parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome. Il se lia avec eux; 3 et, comme il avait le même métier, il demeura chez eux et y travailla : ils étaient faiseurs de tentes. 4 Paul discourait dans la synagogue chaque sabbat, et il persuadait des Juifs et des Grecs. 5 Mais quand Silas et Timothée furent arrivés de la Macédoine, il se donna tout entier à la parole, attestant aux Juifs que Jésus était le Christ.
 
Donc Paul n’a fait des tentes que parce qu’il n’avait pas d’autre choix pour survivre. Alors, il ne pouvait enseigner QUE LE SHABBAT(quelle tragédie: alors que chacune de ses prédications étaient l’occasion de multiples  miracles, à commencer par de vraies conversions ! Quand les offrandes sont arrivées , il a pu SE DONNER ENTIER À LA PAROLE. Je suis toujours stupéfaite que ce passage soit utilisé par les détracteurs de la dîme et des offrandes alors qu’il démontre exactement le contraire: c’est que l’absence de soutien de la part des Chrétiens condamnaient le ministère de Paul à la limitation ! C’est ce qui se passe aujorud’hui avec nombre de missionnaires ou autres ministères puissants envoyés par Dieu: l’égocentrisme des églises qui kidnappent les dîmes pour bâtir des pierres mortes amène la mort spirituelle de millions d’âmes, faute que ces ministères puissent être portés !
 
Un seul passages tordu volontairement, et toute une doctrine pour affamer les vrais serviteurs de Dieu se propage comme l’éclair auprès de tous les avares et cupides, qui ne savent pas qu’ils se privent ainsi de multiples VRAIES bénédictions. Car notons bien, ces offrandes pour soutenir Paul ne venaient pas de gens à qui on avait fait miroiter des bénédictions égoïstes contre leurs sous, c’étaient celles de gens qui, librement, avaient envie de voir le Royaume toucher des âmes en perdition… Simplement, ils faisaient confiance à dieu, et donnaient avec joie ! sacrée différence !

La discipline dans l’Eglise

Ils réglèrent la bienséance dans l’Eglise (1Co 14.26-40) et exercèrent une discipline. Jésus avait donné des instructions au cas où un croyant refuserait de se soumettre à une réprimande privée; le cas devait être porté devant l’Eglise pour discipline (Mt 18.17). Paul demande très expressément aux Corinthiens d’exercer une discipline dans l’Eglise (1Co 5.13). Il donne des instructions semblables à l’Eglise de Rome et à celle des Thessaloniciens.

Or je vous exhorte, frères, à avoir l’oeil sur ceux qui causent les divisions et les occasions de chute par des choses qui ne sont pas selon la doctrine que vous avez apprise; et éloignez-vous d’eux (Rm 16.17).

Dans 3 Jean, nous lisons que Diotrèphe disciplinait très arbitrairement. J’ai écrit quelque chose à l’assemblée; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas; … et, non content de cela, lui-même il ne reçoit pas les frères et il empêche ceux qui veulent les recevoir, et les chasse de l’assemblée (3Jn 9-10).

Ici encore, cela présuppose une organisation, car il est nécessaire dans de tels cas de déterminer quels sont ceux qui peuvent exercer la discipline. Il semble que, dans les questions de discipline, la majorité l’emportait.

Il suffit, pour un tel homme, de cette punition qui lui a été infligée par le grand nombre (2Co 2.6).

Dans le cas d’une exclusion il faut l’accord de toute l’assemblée.

Et s’il ne veut pas les écouter, dis-le à l’assemblée; et s’il ne veut pas écouter l’assemblée non plus, qu’il te soit comme un homme des nations et comme un publicain (Mt 18.17).

Le Nouveau Testament nous enseigne que la discipline dans l’église consiste à conseiller, avertir, relever, reprendre ceux dont la conduite laisse à désirer, ceux qui s’écartent de la saine doctrine, et même à « juger » ceux qui ont commis une faute grave qui porte atteinte au témoignage.

Voici quelques références bibliques (notez les 4 « R »!)

Réconcilier deux frères en désaccord – Mat. 18:15-18; I Cor. 6:1-9.

Redresser celui qui est tombé – Gal. 6:1-3; Rom. 15:1,2; Héb 10:24.

Reprendre ceux dont la conduite est répréhensible ou qui sont tombés dans l’erreur – I Thess. 5:14, 15; I Tim. 1:3,4; Tite 1:10,11.

Retrancher ceux qui ont le caractère de « méchants » ou qui persistent dans de fausses doctrines – I Cor. 5 : 9-13; Rom. 16:17, 18; 2 Thess. 3:6-15; Tite 3:9-11; 2 Jean 7:11.

Il faut se souvenir que la discipline a pour but la Restauration de celui qui s’est égaré.

Les responsables de l’église

Nous trouvons deux classifications dans les responsables de l’église locale :

- les anciens, les évêques (surveillants), les pasteurs étaient responsables des besoins spirituels de la communauté des fidèles ;

- les diacres (serviteurs) s’occupaient principalement des besoins physiques.

Le pasteur, l’ancien, l’évêque

Ces trois termes dénotent un seul et même responsabilité dans le NT.

Dans Ac 20.17, 28, nous lisons que les anciens de l’Eglise d’Ephèse avaient établis surveillants sur le troupeau, dans le but de paître (berger ou pasteur) l’Eglise de Dieu.

Nous avons ici les termes anciens, évêques, surveillants et pasteurs qui sont tous utilisés pour désigner les mêmes hommes.

Jean (2Jn 1 ; 3Jn 1) et Pierre (1P5.1) étaient tous deux apôtres, mais ils se nommaient eux-mêmes anciens. Cela n’indique certainement pas une responsabilité inférieure à celui d’un pasteur ou un évêque (surveillant). Dans Tite 1.5-9 les termes « ancien » et « évêque » sont employés de façon interchangeable. Le terme grec « berger » revient à plusieurs reprises dans le NT, mais il n’est traduit  « pasteur » que dans Ep 4.11.   Sa vraie signification, c’est celle de berger (voir Mt 9.36 ; 26.31 ; Lc 2.8 ; Jn 10.2 ; Hb 13.20 ; 1P 2.25).

Comme nous l’avons souligné, on avait confié aux anciens et évêques de l’Eglise d’Ephèse la tâche de paître le troupeau, c’est-à-dire qu’ils avaient été établis pasteurs dans l’Eglise. Paul s’adresse à l’Eglise de Philippes de la façon suivante : Paul et Timothée, esclaves de Jésus Christ, à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes, avec les surveillants et les serviteurs (Ph 1.1).

S’il avait eu dans cette Eglise des anciens et des pasteurs distincts des surveillants (évêques), Paul ne se serait alors adressé qu’à une partie des responsables de l’Eglise, ce qui est peu probable.

L’Église de chaque localité était dirigée par un groupe d’anciens, qui exerçaient collectivement la direction spirituelle de l’assemblée. Leurs ministères étaient complémentaires aux prophètes, évangélistes, pasteurs ou docteurs. Certains étaient parfois envoyés pour secourir, enseigner ou exhorter les églises d’autres localités, et devenaient ainsi les «messagers, » ou les « apôtres » de leurs églises auprès de leurs frères.

Au départ, les anciens des églises locales étaient souvent nommés ou reconnus par un apôtre. Celui-ci avait donc le discernement spirituel nécessaire pour reconnaître les hommes qui avaient déjà reçu un ministère spirituel de la part du Seigneur, et qui, en outre, étaient qualifiés pour être nommés anciens.

Ensuite, les anciens s’engageaient toujours dans leur ministère à la suite d’un appel personnel que leur avait adressé le Seigneur. Leurs appels respectifs étaient ensuite reconnus par les autres anciens, ainsi que par les assemblées de la localité, et ils finissaient par être officiellement reconnus et nommés dans leurs fonctions d’anciens. Tous les chrétiens de la localité savaient ainsi qui étaient ceux qui étaient appelés à les diriger sur le plan spirituel, et pouvaient avoir recours à eux en fonction de leurs besoins.

Ces anciens étaient assistés par un groupe de diacres et de diaconesses, qui avaient en charge les problèmes matériels et concrets: distribution d’aide, de nourriture et d’argent aux pauvres et aux veuves de l’Église, service des tables…

Chaque église locale est placée sous l’autorité spirituelle collective d’un groupe d’anciens, ou évêques. Ce sont eux qui sont en charge de la vie spirituelle de l’église locale, tandis que les diacres et diaconesses sont en charge des aspects matériels et financiers.

Ces anciens doivent être choisis et nommés selon certains critères très précis.

Les évêques, sont des anciens ayant la responsabilité de la direction spirituelle d’une église locale, des Chrétiens ayant atteint une certaine maturité spirituelle, qui les rend capables d’assurer ensemble la direction spirituelle du troupeau du Seigneur.

Toutefois, dans l’Eglise, cette autorité ne doit jamais être une domination, mais doit s’exercer dans l’amour et le don de soi au service des autres.

Un bon berger donne donc sa vie pour ses brebis. Il les nourrit et en prend soin. Il veille à les conduire fidèlement sur le chemin de leur perfectionnement, dans l’obéissance à la Parole de Dieu. Il se comporte en modèle du troupeau et non en tyran dominateur ou manipulateur.

« Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée: Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5: 1-3).

Chaque église locale est donc dirigée par un groupe d’anciens. Il n’est jamais fait mention nulle part, dans tout le Nouveau Testament, d’un ancien ou « pasteur » unique dirigeant une église locale.

Par conséquent, s’il n’y a qu’une seule église par localité, en revanche, il y a toujours plusieurs anciens qui dirigent ensemble cette église locale.

« Ils firent nommer des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru » (Actes 14: 23).

« Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville » (Tite 1: 5).

L’autorité des anciens d’une église locale doit donc s’exercer sur l’ensemble des Chrétiens de cette localité, que ceux-ci soient répartis dans de nombreux groupes, ou qu’ils constituent un seul groupe.

Par exemple, à Antioche, très grande ville de l’antiquité, les Chrétiens étaient très nombreux, sans doute plusieurs dizaines de milliers. Ils étaient tous répartis dans des maisons. Mais ils étaient dirigés par un groupe d’anciens qui ne comportaient que cinq hommes.

« Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des prophètes et des docteurs: Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul » (Actes 13: 1).

Ces cinq hommes étaient prophètes et docteurs. Ce n’est qu’après avoir été envoyés en mission par le Saint-Esprit que deux d’entre eux, Barnabas et Saul, sont devenus apôtres, c’est-à-dire « envoyés » ou « messagers».

Il est humainement impossible qu’un groupe de cinq hommes dirige dans le détail la vie spirituelle d’une grande église locale, comme celle d’Antioche. Ils devaient donc représenter l’autorité suprême, le recours de dernière instance. Mais chaque groupe de maison devait avoir un ou plusieurs ministères spirituels qui s’exerçaient en son sein. Ces ministères pouvaient être pasteurs, prophètes, enseignants ou évangélistes. Mais seuls certains d’entre eux étaient reconnus comme les « anciens » de l’église locale d’Antioche.

Il est donc très important de faire une distinction claire entre les ministères spirituels qui s’exercent au niveau des différents groupes de maisons d’une même localité, d’une part, et les anciens de l’église locale, d’autre part.

En d’autres termes, tous les anciens exercent nécessairement un ministère, mais tous les ministères ne sont pas nécessairement reconnus comme anciens d’une église locale.

Quels sont les différents ministères spirituels donnés par Dieu à Son Eglise, pour le perfectionnement des saints? Il y en a cinq. Et c’est parmi ces cinq ministères que seront toujours choisis les hommes, qui devront être les anciens d’une église locale.

« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ephésiens 4: 11-13) ».

L’apôtre Paul énumère de manière très précise les critères que doit remplir tout ancien d’une église locale. Et il est nécessaire que ces critères soient respectés dans leur intégralité.

« Cette parole est certaine: Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une oeuvre excellente. Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement. Il faut qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu? Il ne faut pas qu’il soit un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. Il faut aussi qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable » (1 Timothée 3: 1-7).

« Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable, mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. Car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu; qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête; mais qu’il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, attaché à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs » (Tite 1: 5-9).

Il n’entre pas dans le cadre de cet article d’étudier en détail ces critères. Mais nous pouvons simplement remarquer que ces critères ne sont pas souvent appliqués aujourd’hui dans le choix des anciens. On peut résumer ainsi les différents critères auxquels doit correspondre un ancien: il doit être un homme spirituel et non charnel ! Il doit avoir compris le message de la croix, et savoir ce que signifie « marcher par l’esprit ».

Aucun homme, quel que soit le ministère spirituel qu’il peut exercer, ne devrait être nommé ancien d’une église locale, s’il ne satisfait pas l’ensemble des critères exigés par la Parole de Dieu. Il peut continuer à exercer un ministère spirituel au sein d’une église locale, mais il n’est pas qualifié pour être reconnu ancien, au niveau de cette localité.

Les diacres

Le mot vient du grec diakonos (Ph 1.1 ; 1Tm 3.8). Il est utilisé dans le sens général de serviteur (Mc 10.43 ; Jn 2.5 ; 12.26). La forme verbale est traduite par « servir » (Mt 4.11 ; 20.28 ; Rm 15.25). Il se peut que les sept hommes choisis pour s’occuper des veuves de l’Eglise primitive dans Actes 6.1-6 doivent être considérés comme les premiers diacres, mais ce n’est pas certain.

La fonction du diacre n’est pas claire dans la Bible, mais il semble qu’elle ait à faire avec l’administration des fonds de secours. Les qualifications pour occuper cette fonction sont similaires à celles des anciens, sauf que les exigences concernant la capacité d’enseigner et l’hospitalité, bien que mentionnés pour les anciens, ne soient pas requises pour les diacres (1Tm 3.2-7). Cela laisserait sous-entendre que ces tâches ne faisaient pas partie des responsabilités des diacres. La qualification « non avide d’un gain honteux » suggère que les diacres s’occupaient des activités financières de l’Eglise. Il est raisonnable de dire que les exigences pour devenir diacre semblent particulièrement appropriées pour ceux qui doivent s’occuper des besoins matériels et financiers de l’organisation.

De même, il faut que les serviteurs soient honnêtes, non doubles en paroles, non adonnés à beaucoup de vin, non avides d’un gain honteux, gardant le mystère de la foi dans une conscience pure; et que ceux-ci aussi soient premièrement mis à l’épreuve; ensuite, qu’ils servent, étant trouvés irréprochables (1Tm 3.8-10).

Nous en concluons que les diacres avaient comme première responsabilité les besoins matériels et financiers de l’Eglise, et que certaines femmes, appelées « diaconesses », travaillaient avec les diacres dans des domaines où elles faisaient mieux que les hommes. Parce que le diaconat n’était pas une charge de direction, les femmes pouvaient y jouer leur rôle.

« Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ! » (Philippiens 1: 1-2).

Tous les membres de l’Eglise sont des saints en Christ. Ils demeurent la plupart du temps dans une certaine localité, comme ici, dans la ville de Philippes. Ces saints sont dirigés par des évêques et des diacres.

Ce sont des hommes et des femmes qui sont appelés par le Seigneur à exercer un ministère dans le domaine de l’assistance aux pauvres et aux nécessiteux, ainsi que dans le domaine de l’administration des biens financiers et matériels de l’église.

Notez que les premiers diacres (Actes 6: 1-6) étaient tous des hommes remplis du Saint-Esprit et de foi, alors que leur fonction était « simplement » de servir aux tables.

Cela signifie que tous ceux qui sont appelés à un ministère ou à un service quelconque dans l’Eglise, que ce soit sur le plan spirituel ou sur le plan matériel, doivent tous être remplis du Saint-Esprit et de foi. Sinon, ils ne pourront jamais exercer convenablement leur ministère!

C’est pour cela que les critères de choix des diacres et diaconesses sont pratiquement les mêmes que les critères pour le choix des anciens.

« Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d’un gain sordide, conservant le mystère de la foi dans une conscience pure. Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère, s’ils sont sans reproche. Les femmes, de même, doivent être honnêtes, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. Les diacres doivent être maris d’une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons; car ceux qui remplissent convenablement leur ministère s’acquièrent un rang honorable, et une grande assurance dans la foi en Jésus-Christ » (1 Timothée 3: 8-13).

Les loups ravisseurs

Dès le début, le malin était à l’oeuvre pour tenter de diviser cette Eglise de Christ, ou pour essayer de l’attirer dans l’apostasie et le mensonge. Mais les principaux conducteurs spirituels, c’est-à-dire les apôtres de Christ, et d’autres qui les ont suivis, comme l’apôtre Paul et ses collaborateurs, ont toujours veillé à conserver la pureté de la doctrine, et à exercer la discipline spirituelle nécessaire.

Aujourd’hui, hélas, il n’en est plus ainsi. Beaucoup de faux dirigeants se sont introduits dans l’Eglise, pour entraîner les brebis après eux, enseignant des choses pernicieuses, et opérant des dégâts considérables dans la vie de nombreux Chrétiens, trop crédules ou trop passifs pour leur résister.

C’est l’exhortation que Paul adresse aux anciens d’Éphèse:

« C’est pourquoi je vous déclare aujourd’hui que je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous.  Et maintenant je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l’héritage avec tous les sanctifiés » (Actes 20: 26-32).

Voici quelle devrait être l’attitude d’un véritable gardien du troupeau de Dieu. Il doit annoncer tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. Il doit prendre garde d’abord à lui-même, puis à tout le troupeau que Dieu lui a confié.

Ce ne sont donc pas des hommes qui établissent ces bergers, mais Dieu Lui-même. Les hommes reconnaissent l’appel de Dieu, mais ce ne sont pas les hommes qui appellent à exercer ce ministère.

Paul nous prévient aussi que des loups ravisseurs s’introduiront au milieu des anciens. S’ils ont pu s’y introduire, c’est qu’ils cachaient bien leur jeu, et que les autres anciens n’ont pas eu le discernement nécessaire pour les reconnaître, parce que leur relation avec le Seigneur s’était dégradée.

Il s’élèvera même, du milieu d’anciens qui, jusque-là, étaient fidèles, des homme qui finiront par enseigner des choses pernicieuses, néfastes, ou mensongères, et qui entraîneront après eux de nombreux disciples.

Si Paul avait pu, jusqu’ici, éviter ces déviations et ces dangers, c’est qu’il n’avait cessé, nuit et jour, d’exhorter chacun des membres de ce troupeau dans la Vérité, même avec larmes. Et qu’il les recommandait sans cesse à Dieu et à la Parole de Sa grâce.

Combien nous manquons aujourd’hui d’hommes de cette trempe spirituelle ! Mais ne mettons pas toute la responsabilité de la situation actuelle désastreuse que nous pouvons constater, sur le dos des seuls conducteurs ! Chaque brebis du Seigneur est responsable de sa marche spirituelle devant DieuChaque brebis devrait connaître elle-même la Parole de son Dieu. Chaque brebis devrait aussi écouter la voix du Saint-Esprit, qui réside en elle, et qui veut la conduire dans toute la Vérité, et lui donner tout le discernement nécessaire pour éviter tous les pièges du malin.

La religiosité a tué l’Église de Christ

 

Autant l’Eglise visible marche dans la confusion, le compromis et l’apostasie, autant la véritable Église du Seigneur, qui est Son Corps et Son Épouse, marche dans la sanctification, dans l’unité, dans l’amour de la Vérité, et dans la Présence de son Dieu.

Lorsque nous avons compris la nature réelle du Chrétien, en tant que nouvelle création en Jésus-Christ, nous comprenons aussi que l’existence même de « religions chrétiennes » multiples et variées est une aberration complète ! Ces « religions chrétiennes » ne sont que des créations humaines, qui donnent une image complètement déformée de ce qu’est en réalité la véritable Église, qui est le Corps de Christ.

L’Église de Christ n’est pas divisée, de même qu’un corps ne peut être divisé entre ses parties. Chaque Chrétien véritable est une cellule vivante de Christ. Tous les Chrétiens sont enfants d’un même Père, le Dieu Tout-Puissant. Ils reconnaissent tous le même Seigneur, Jésus-Christ. Ils sont tous unis par le même Esprit, qui est le Saint-Esprit de Dieu.  Ils appartiennent tous à un même peuple, qui est le peuple spirituel de Dieu. Ils possèdent tous les mêmes Ecritures Saintes, la Bible.  Aucune religion du monde ne peut unir ses membres d’une manière aussi étroite que ne le sont les Chrétiens !

Voici ce qu’écrit l’apôtre Paul à ce sujet:

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous » (Éphésiens 4: 1-6).

Il est donc inadmissible que cette belle unité organique soit représentée, aux yeux du monde, par une foule d’églises chrétiennes divisées, souvent ennemies, qui s’opposent, parfois sur des détails insignifiants ou, parfois encore, sur des doctrines fondamentalement différentes. Comment a-t-on pu en arriver là?

Bien-aimés, on en est arrivé là quand, peu à peu, des disciples remplis de foi et d’Esprit sont devenus les membres d’une religion ordinaire ! Ils ont fini par perdre la foi vivante, les signes et les miracles ont cessé, et les traditions des hommes ont pris la relève !

Pourquoi le feu initial s’est-il éteint dans la vie de tant de disciples ? Parce que leur coeur s’est éloigné du Seigneur !  Avant les signes, les prodiges et les miracles, ce qui caractérise un vrai disciple de Jésus, tout comme leur Maître, c’est la haine de l’iniquité et l’amour ardent de la Justice ! Voici ce qui est écrit du Fils de Dieu:

« Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité; Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux » (Hébreux 1: 8-9).

Dieu est Saint, Dieu est Juste. Son trône est un trône de justice et d’équité.  Le Seigneur Jésus a toujours aimé la justice, et haï l’iniquité.  C’est pour cela que Dieu Son Père l’a oint d’une huile de joie et de sainteté, au-dessus de Ses égaux.

Par la grâce de Dieu, le Seigneur a voulu faire de tous Ses disciples Ses égaux !  Il nous a recréés à Son image ! Il nous a rendus participants de Sa nature divine ! Il nous a fait asseoir avec Lui sur Son trône, dans les lieux célestes !

La véritable onction de l’Esprit Saint, dans la vie des disciples de Jésus, est d’abord une onction de justice et de sainteté.  La vraie puissance de l’Esprit est d’abord celle de la Sainteté absolue de Dieu ! C’est cette Sainteté qui fait fuir les ténèbres de l’iniquité et du mensonge, et qui détruit les oeuvres mauvaises du Menteur et du père du Mensonge !   Si l’amour de la justice et la haine de l’iniquité baissent dans la vie d’un disciple de Jésus, il est donc normal que l’onction et la présence de Dieu baissent aussi dans la vie de ce disciple, et que les oeuvres de la puissance divine ne se manifestent plus dans son ministère !

En revanche, dès que nous nous repentons de ce sommeil spirituel, pour retourner au Seigneur et à Sa Parole, dès que nous revenons de tout notre coeur à l’amour de la Justice et à la haine de l’iniquité, nous pouvons voir également la présence et la puissance de Dieu se manifester à nouveau dans notre vie et dans l’Église.

Le Seigneur Jésus a dit aussi:

« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6: 33).

« Toutes ces choses, » ce sont non seulement la nourriture, la boisson et le vêtement, mais aussi celles qui sont comprises dans l’héritage céleste que nous avons reçu en Christ.

« Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit » (Romains 14: 17).

Historiquement, on peut constater que l’une des raisons les plus importantes de tous les réveils successifs dans l’Église a été le désir de restaurer la pureté du message évangélique et de la foi chrétienne. Tous les « réformateurs, » au sens le plus large de ce terme, ont toujours été ceux qui ont appelé le peuple de Dieu à se repentir, et à revenir aux anciens sentiers. Tous ceux qui ont écouté leur voix ont toujours assisté à un réveil de la présence et de la puissance de Dieu au milieu d’eux. Tandis que ceux qui ont persévéré dans les anciennes ornières se sont de plus en plus endurcis dans la religiosité et les traditions des hommes, tout en persécutant ceux qui avaient osé mettre en cause l’ordre établi.

Malheureusement, ceux qui avaient adhérés à un réveil se sont à leur tour enfoncés dans leurs traditions, jusqu’à ce que le Seigneur réveille à nouveau certains esprits assoiffés de Justice et de Vérité, et le cycle a recommencé !

C’est pour cette raison que nous nous retrouvons aujourd’hui avec une aussi grande multitude d’églises chrétiennes. Les églises historiques « endormies » ont continué à subsister, à côté de nouvelles églises, qui ont été « réveillées » pendant un temps, puis qui se sont à leur tour endormies, devenant elles aussi les persécutrices des nouveaux réformateurs qui se levaient en leur sein !

Bien-aimés, pour ne pas nous endormir à notre tour, nous devons vivre dans un réveil personnel permanent ! Le sommeil spirituel nous guette en permanence ! Nous devons toujours garder dans toute sa fraîcheur l’onction du Saint-Esprit dans notre vie ! Nous devons toujours garder ouverts et propres tous les canaux de communication qui nous relient à notre Sauveur et Maître, afin de recevoir et de manifester en permanence Sa Vie abondante !

Si « Christ » signifie oint, « Chrétien » devrait aussi signifier « celui qui a reçu l’onction de Christ » ! Si l’onction est absente de la vie de celui qui se dit Chrétien, peut-on encore l’appeler « Chrétien » ? Nous devons justifier notre appellation de « Chrétien » par l’onction de Christ qui repose sur notre vie ! Car c’est cela, avant tout, qui doit caractériser la véritable Église de Jésus-Christ. Tout le reste n’est que religion et tradition des hommes !

Que faire, dans la situation actuelle?

Aujourd’hui, quand nous regardons la situation de l’Eglise visible, nous constatons une très grande confusion. Dans son organisation et son fonctionnement, nous ne voyons que très peu de choses qui soient conformes au modèle biblique. Cela signifie simplement que l’on a peu à peu remplacé la Parole de Dieu par les traditions des hommes, annulant ainsi la puissance de cette Parole divine.

Beaucoup de brebis du Seigneur se rendent compte de cette dérive, et en souffrent profondément. Beaucoup se demandent aussi ce qu’elles peuvent faire face à cette situation, et ressentent un sentiment d’impuissance. Pourtant, le Seigneur a toutes les solutions ! Voici quelques conseils pratiques que je peux vous suggérer de suivre, si le Seigneur nous le confirme dans notre cœur.

Développer une communion toujours plus étroite avec le Seigneur.

La première chose à faire, c’est de nous rapprocher toujours plus près du Seigneur, afin de pouvoir être guidés en toutes choses par Lui. C’est Lui qui est le seul Chef de Son Église, et Il veut la diriger Lui-même par Son Esprit et Sa Parole.

Le Seigneur Jésus est le seul capable de diriger Lui-même, personnellement, l’ensemble des membres de Son Église. Il vit en chacun des membres de Son Corps et les connait tous parfaitement. Il entend même les moindres soupirs de nos cœurs.

Nous ne devons donc jamais nous laisser diriger par des hommes, si ce qu’ils nous demandent contredit la voix du Seigneur dans notre cœur, ou la claire révélation de Sa Parole écrite.

Jamais nous ne devons accepter qu’un homme se place en intermédiaire entre Christ et nous. Les véritables conducteurs spirituels s’efforceront toujours, au contraire, d’aider les brebis du Seigneur à approfondir leur relation personnelle avec leur Maître. Tandis que les faux bergers s’efforceront de leur imposer leur domination, et de les rendre dépendantes d’eux et de leur ministère.

Méfiez-vous toujours de cet esprit de domination et de contrôle, qui n’a rien à voir avec l’Esprit du Seigneur !

Dans le Livre de l’Apocalypse, le Seigneur se montre très sévère envers les Nicolaïtes (Apoc. 2: 6 et 15). Le mot « Nicolaïte » est une combinaison de deux mots grecs qui signifient: « Celui qui domine sur le peuple ». Plus loin, le Seigneur dénonce aussi ceux qui sont « attachés à la doctrine de Balaam » (Apoc. 2: 14). Or nous savons que Balaam était un prophète que l’amour de l’argent et des honneurs a perdu.

Aujourd’hui, les faux ministres de Christ se caractérisent toujours par l’esprit de domination, associé à celui de séduction, et par l’amour de l’argent et des honneurs. Soyons sur nos gardes!

Nous devons rester soumis à toute autorité établie parmi les hommes, mais il n’est pas question d’obéir aveuglément à tout ce que cette autorité nous demande. La soumission est une attitude de cœur, qui consiste à ne pas manifester de révolte, de contestation charnelle ou de rébellion. Une telle soumission doit être constante et totale. Tandis que notre obéissance ne doit être rendue parfaitement qu’au Seigneur et à Sa Parole.

Si une autorité sous laquelle nous nous sommes rangés, par exemple l’autorité d’un conducteur spirituel, nous demande d’obéir à quelque chose qui ne serait pas en accord avec la Parole de Dieu, notre devoir est alors de refuser fermement d’obéir, tout en restant soumis, c’est-à-dire paisibles, humbles et respectueux.

Non seulement nous devons refuser d’obéir, mais nous devons aussi dénoncer fermement ces mensonges que l’on tenterait de nous imposer.

Le Seigneur, en faisant de nous Ses fils et Ses filles en Jésus-Christ, nous a libérés de toute crainte des hommes et de tout joug qui n’est pas le Sien. C’est pour la liberté que nous avons été affranchis. Restons fermes dans l’exercice de cette précieuse liberté spirituelle, et ne nous laissons jamais remettre sous un joug quelconque.

Toutefois, ne faisons jamais de cette liberté une occasion de marcher selon la chair !

Marcher selon l’esprit, et non selon la chair.

La seconde chose que nous devons faire, c’est donc de recevoir du Seigneur un enseignement clair sur la façon de marcher par l’esprit. Moins nous serons charnels, et plus il sera facile au Seigneur de nous diriger, au milieu de la confusion actuelle.

Nous devons absolument apprendre à identifier la chair chaque fois qu’elle se manifeste, ou qu’elle cherche à se manifester. Et nous devons apprendre à la crucifier concrètement, c’est-à-dire à la réduire à l’impuissance, ou à l’empêcher de se manifester.

Pour cela, nous devons connaître le message complet de la croix, celui qui touche à notre mort et à notre résurrection en Christ. Nous devons aussi connaître qui nous sommes réellement en Christ, dans notre nouvelle nature régénérée, et qu’elle est notre position spirituelle en Christ.

Nous devons chercher à être toujours plus remplis de l’Esprit. Tous les premiers Chrétiens étaient baptisés du Saint-Esprit dès les premiers jours de leur conversion. Mais ce n’était pas le fait d’être baptisés de l’Esprit qui faisait d’eux aussitôt des Chrétiens spirituels !

Les Corinthiens, par exemple, étaient tous baptisés de l’Esprit, parlaient en langues et exerçaient tous les dons spirituels. Mais ils étaient encore extrêmement charnels ! Il leur fallait donc comprendre en profondeur le message de la croix, et apprendre à se dépouiller de tout ce que le vieil homme avait bâti en eux, et à se revêtir de l’homme nouveau qu’ils étaient en Christ. Il en est de même pour chacun de nous.

Notre désir ardent doit donc être avant tout de grandir en maturité spirituelle, et d’employer tous les moyens d’édification que le Seigneur met à notre disposition: enseignement des apôtres, communion fraternelle, partage du pain, et prières. Veillons toujours à ne jamais nous refroidir spirituellement ! Sinon, nous serons une proie facile pour les loups ravisseurs et les hommes pervers !

Rien ni personne ne peut, et ne doit, nous empêcher de développer notre communion avec le Seigneur, ni de nous édifier spirituellement, même si notre environnement spirituel est mauvais, et même si nous ne disposons pas de conducteurs spirituels dignes de ce nom.

Si nous sommes ardemment désireux de développer notre connaissance de Christ, et de grandir spirituellement en Lui, le Seigneur sera le premier à Se révéler à nous, et manifestera Sa Vie en nous et au-travers de nous ! Ainsi, nous resterons spirituellement éveillés, et nous serons partout une source de réveil spirituel !

Sachons à Qui et à quoi nous devons rester fidèles.

La troisième chose que nous devons faire, c’est de nous débarrasser définitivement, d’abord dans notre cœur, de tout attachement exclusif à une dénomination chrétienne. Nous pouvons appartenir à une assemblée qui est rattachée à l’une de ces dénominations, organisations ou fédérations, tant que le Seigneur nous en donnera la conviction. Mais nous devons toujours veiller à conserver toute notre liberté spirituelle. Notre fidélité est avant tout pour le Seigneur, pour Sa Parole, et pour Son Église, qui est Son Corps.

Tous les Chrétiens nés de nouveau sont donc nos frères, quelle que soit leur étiquette! Bannissons tout esprit de clocher, tout esprit exclusif, tout esprit sectaire. Nous devons pouvoir librement prier, étudier la Bible et avoir une communion fraternelle, avec tous les enfants de Dieu, notamment ceux qui vivent dans notre environnement proche, tout au moins ceux qui nous acceptent tels que nous sommes !

Il ne s’agit pas de « papillonner » d’une assemblée à l’autre. Nous devrions tous avoir, dans notre localité, si cela nous est possible, une assemblée permanente, ou un groupe auquel nous restons fidèles. Mais nous devons rester libres d’aller visiter, à l’occasion, toute autre assemblée vers laquelle le Seigneur pourrait nous conduire, selon Son plan souverain.

Nous devons aussi garder la liberté de quitter définitivement un groupe dans lequel nous ressentons que nous n’avons plus notre place, pour des raisons bibliques sérieuses, et parce que c’est le Seigneur qui nous le montre. D’où l’importance capitale de bien savoir reconnaître Sa voix, et d’agir dans l’esprit et non dans la chair !

Parmi ces « raisons bibliques sérieuses, » citons: le péché ouvertement admis dans l’église, l’introduction persistante de fausses doctrines, l’apostasie, la pratique des œuvres des Nicolaïtes (esprit de domination et de contrôle), ou l’attachement à la doctrine de Balaam (amour de l’argent et des honneurs).

Là encore, nous ne devons quitter une assemblée que lorsque nous avons dans notre cœur la claire conviction que le Seigneur nous le demande.

Ne nous laissons jamais manipuler, intimider ou culpabiliser, notamment par l’emploi abusif du fameux verset de Hébreux 10: 25: « N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns… »  Le texte grec ne dit pas cela, mais il dit: « N’abandonnons pas le fait de nous rassembler«

Ce qui est une simple exhortation à ne pas s’isoler de la communion fraternelle est ainsi devenu un moyen abusif de pression, parfois avec menaces, pour contraindre des brebis apeurées à ne pas quitter une assemblée où elles n’ont plus leur place.

Si nous nous efforçons de suivre ces trois conseils fondamentaux, nous constaterons que le Seigneur aura vraiment toute liberté pour nous conduire dans Ses voies. Il nous donnera toujours la solution concrète à tous nos problèmes, nous ne devons jamais en douter. Et, surtout, nous apprendrons à nous laisser guider toujours plus étroitement par le Saint-Esprit qui demeure en nous. N’oublions jamais que le Seigneur veut diriger Lui-même chacune de Ses brebis. Il les a rendues capables d’entendre toujours Sa voix.

Si une brebis de Dieu s’égare, c’est qu’elle a fait preuve d’imprudence, et n’a pas su rester à l’écoute de la petite voix du Saint-Esprit en elle. Cette voix sera toujours en accord parfait avec la Parole écrite de Dieu. Plus nous étudierons donc cette Parole, et plus nous saurons reconnaître la voix du Saint-Esprit en nous.

Notre seul modèle, c’est le Seigneur Jésus ! Notre seule couverture spirituelle, c’est le sang qu’Il a versé pour nous ! Notre seule référence, c’est la Parole de Dieu ! Notre seul guide, c’est le Saint-Esprit ! Tous ceux qui sont réellement des brebis du Seigneur l’ont compris, et s’efforcent de le vivre !

 

Conclusion

L’église primitive était une église victorieuse. Pour la résumer, en voici les caractéristiques principales :

- L’église était centrée sur la Parole de Dieu et sur Christ.

- L’église se réunissait principalement dans les maisons.

- Les réunions étaient participatives, et chacun avait droit à la parole.

- Les collectes étaient organisées pour les nécessiteux et pour les missions d’évangélisation.

- L’église était dirigée par des anciens et les décisions étaient prises en commun. 

- Elle n’avait aucune dénomination et c’était sa localité qui définissait son nom.

- Les réunions n’étaient pas structurées, on se laissait guider par le Saint-Esprit.

- La communion fraternelle était effective par la solidarité entre les membres et de se soutenir les uns les autres dans la foi, la sanctification, l’entraide, etc …   

Actuellement, nous nous sommes tellement éloignés des préceptes de l’église primitive que nous n’avons plus aucun rapport avec elle.

Fin.



07/12/2014
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