* JESUS REVIENT *

* JESUS REVIENT   *

PRIER OU RÉCITER ?

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Pourquoi faut-il que nous essayions toujours de matérialiser les choses ?
Peut-être devrais-je dire : les ritualiser, voire les ‘sacramentaliser’ ?
Juste avant la distribution des symboles qui rappellent la dernière pâque prise par Jésus avec ses apôtres, j’entendis lire ― dans quelle version, je ne sais ― : « … ayant dit la prière de bénédiction… ». Une fois de plus, je me sentis profondément agacé.
Qu’est-ce que cette traduction ? Jésus n’a jamais prononcé de prière toute faite ni dit de formule ! Il n’a jamais invité ses disciples à le faire ! Mais surtout, le texte original de la Bible n’a pas de verbe qui puisse se traduire ainsi !
Il existe, vous le savez peut-être, des éditions du texte grec avec traduction « littérale » interlinéaire. Longtemps, nous avions celle de Maurice Carrez. Il a laissé au mot grec son sens de ‘bénir’. Mais, à ma grande surprise, le même travail, nettement récent, de Francine Leclerc, publié par l’alliance biblique, propose bien cette étrange traduction en Matthieu 26.26 !
Vous m’objecterez peut-être que ‘bénir’ ou ‘dire la bénédiction’, c’est la même chose.
Vraiment ? Non, bien sûr, traduire : « ‘dire’ la bénédiction », c’est introduire un élément liturgique qui n’est pas dans le texte. Et si c’était vraiment correct, pourquoi Francine Leclerc et les traducteurs qui la suivent n’ont-il pas traduit pareillement les autres usages du verbe original ? Tout simplement parce que l’on ne voit pas comment la foule qui, le jour des rameaux, précédaient Jésus en criant : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » aurait pu crier « Que soit dite la bénédiction sur celui qui vient au nom du Seigneur » pour ne citer que cet autre exemple de l’usage du même mot. Ils ne l’ont pas fait parce que ce n’y peut être le sens du verbe.
Mais alors ? Et bien, c’est notre tendance à ritualiser, à transformer en gestes ou paroles toutes faites les choses qui devraient être les plus spontanées : dire des prières, au lieu de prier ; être ‘fidèlement’ présent aux rencontres de la communauté, mais absent de cœur et d’esprit ; « payer la dîme, mais laisser ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la
fidélité » (Mtt 23.23).
Nous oublions trop souvent que les adorateurs que Dieu veut, ce sont des adorateurs qui l’adorent de façon véritablement spirituelle (Jn 4.24, sens de la forme littéraire sémitique « en esprit et en vérité »).
Allons, laissons cette manie de transformer ce qui est intérieur en démarches extérieures. Laissons-nous façonner par Celui qui est esprit et vie, non rites et formules.