* JESUS REVIENT *

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Vous avez dit << communiquer >> ?

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La parole a été faite chair et elle a planté se tente parmi nous, pleine de grâce et de vérité.
Jean 1.14
En a-t-on jamais autant parlé que de nos jours ? Peut-être, en fin de compte, ne doit‑on pas y trouver la confirmation du fait que l’on parle bien plus des absents que des présents ?
Les réseaux de communication sont nombreux, que ce soit les moyens de parcourir le monde ou les possibilités d’en savoir rapidement à peu près tout. Le petit écran n’a plus rien de neuf. Voilà belle lurette qu’il fait entrer le monde entier dans nos foyers. Internet, pour sa part, vient parasiter nos ordinateurs pour nous mettre en communication avec le monde entier sous toutes ses coutures… ou presque.
Mais n’est-il pas évident qu’en fait, l’écran fait écran entre l’homme et son frère ? Nous entrons en communication avec l’inconnu du bout du monde, mais nous ignorons de plus en plus celui que nous côtoyons journellement, à commencer, parfois, par les membres de notre famille. En bref, les communications se multiplient et la communion disparaît.
Civilisation de l’image
Cela va de pair avec une autre constatation d’importance : l’image remplace le verbe. Les séquences filmées sont, elles-mêmes de plus en plus nombreuses et, partant, de plus en plus courtes avec, pour corollaire, une attention de plus en plus asthénique. On ne réfléchit plus ; les sujets de la communication ne se réfléchissent plus en nous, ils se contentent d’impressionner… la rétine, … de plus en plus fugitivement. Me pardonnera-t-on de souligner en passant que la Révélation oppose le verbe à l’image ? Le Christ, le vrai, est venu comme Logos, verbe, raison, intelligence, sagesse. Le faux, celui que le Nouveau testament appelle l’antichrist, vient comme Image à adorer1. On n’a peut-être pas assez médité sur cette opposition. Une vraie « réflexion » changerait sans doute certaines de nos habitudes… ce que, hélas, nous ne voulons même pas envisager. Il y a des choses que l’on ne peut plus dénoncer sans se voir écarter des chaires ou des colonnes de publications.
Denrée rare
Nous sommes plongés dans un océan de mots gonflés de décibels, mais la parole se fait rare. Pourtant, il n’y a, en fait, pas de communication véritable en dehors de la parole. Quand Dieu voulut communiquer avec sa créature, Il se fit Parole (Verbe) et, finalement, la Parole s’incarna.
N’est-il pas important de poser clairement la question de la nature de la communication ? Que devrait être une réelle communication ? Sûrement pas un matraquage d’informations comme elle l’est trop souvent. Bien plutôt un échange créateur de communion. Communiquer, c’est mettre en commun, sur le principe des vases communiquant. L’un s’enrichit de ce que l’autre livre. Ainsi en fut-il du Verbe : Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus‑Christ qui, pour vous, s’est fait pauvre de riche qu’il était, afin que, par sa pauvreté, vous fussiez enrichis2.
Ce qui tue la communion
Pourquoi donc les moyens de communication tuent-ils si souvent la communion ? L’une des causes est qu’ils ne sont, le plus souvent, que des voix extérieures qui nivellent les « récepteurs » en les ignorant superbement. Ils prennent le crachoir et ne le lâchent plus.
Les dégâts touchent tous les domaines ; et les relations familiales sont les premières victimes. Il y a grave péril pour les relations entre époux, entre parents et enfants, entre frères ou soeurs.
Certes, on peut y reconnaître bien des causes : le travail hors foyer des épouses, les modèles proposés par la littérature, le cinéma, l’hédonisme affiché et enseigné… une liste exhaustive des ennemis du couple serait longue. Mais il faut souligner surtout le fait que l’on ne prend plus le temps de se parler, moins encore de s’écouter. Il semble qu’en fait, il n’y ait plus de conversations qu’à sens unique, même lorsque les deux prennent la parole. Et le verbe « prendre » devient ici, hélas, fort significatif. Plus on la prend, moins on la donne. Le résultat de l’absence de réel échange verbal est qu’il n’y a plus guère de communications qu’orageuses. C’est que les griefs ou le sentiment de culpabilité refoulé ont longtemps couvé. Dès lors, les choses sont dites, mais mal, et trop tard.
Au plus fort de sa déprime, le prophète Elie n’a reconnu Dieu et ne s’est préparé à l’entendre qu’à travers un murmure doux et léger3.
Il faut vouloir se parler avant l’orage. Mais voilà, parler, c’est se dévoiler. Parler vrai, c’est abandonner l’artifice, le masque, cesser de se barricader derrière le personnage que l’on s’est construit ou dont les autres vous ont affublé. C’est baisser la garde, accepter de devenir vulnérable ; cela a toujours quelque chose de la confession, de l’aveu. Ce n’est pas facile. Pourtant, c’est vital.
Le temps d’écouter
Il est encore plus difficile d’écouter, disions‑nous. Or, l’écoute est certainement la première expression et la preuve initiale de la volonté d’aimer. On n’entend d’ailleurs que ce que l’on écoute. J’emploie ici le verbe entendre dans son sens le plus profond de « comprendre ». Vous savez, on dit d’une chose « Je n’y entends rien » Entendre, c’est comprendre. Et comprendre, n’est-ce pas « prendre avec », c’est-à-dire accepter de faire, avec l’autre, au moins un bout de chemin ? Quand je vous disais que la communication doit être communion, partage !
Pour qu’il y ait communication, il faut prendre le temps d’écouter. Et cela coûte certains changements de comportement. Il faut refuser la suroccupation. Il faut abandonner le superflu qui nous submerge pour faire surface dans un vrai face à face.
Je suis un peu étonné, je l’avoue, de ce que des couples aient du mal à trouver un soir par mois pour s’asseoir et parler. C’est l’engagement que prennent les couples des « Equipes Notre-Dame ». Or, ces équipiers disent que ce n’est pas si simple. Mais pourquoi m’étonner ? Ne l’ai-je pas moi‑même expérimenté quand vivait encore celle qui partagea ma vie ?
Un risque redoutable
Il faut oser se poser la question : Pourquoi y a-t-il si peu d’écoute authentique ? Je crains de ne pas courir le risque de me tromper en disant que l’écoute nous fait peur en ce qu’elle nous contraint à prendre le risque de découvrir que l’autre n’est pas heureux… et que l’on y est peut-être pour quelque chose. Ou bien que l’on n’y est pour rien mais que l’on y peut quelque chose et que ce quelque chose va nous coûter.
Et Dieu, dans tout ça ?
Il me reste à aborder deux points au moins aussi capitaux. Ne nous leurrons pas, nous ne serons vrais dans la communication avec nos proches que si nous le sommes d’abord avec Dieu. C’est le dialogue avec Lui, quand il est vrai, quand il n’est pas fait de formules ou d’un monologue d’obligation légaliste, c’est lui qui va conditionner et transformer tous les autres. Voilà pourquoi il s’agit d’abord de se dépouiller devant Lui de tout ce qui nous cache ou nous pare, et aller à Dieu avec nos guenilles, comme le fils repentant de la parabole. Je me lèverai, dit-il, j’irai vers mon père, et je lui dirai…4.
Quelque chose change-t-il lorsque l’on brise le silence ?
Le prophète Malachie a écrit ces lignes étranges : Ceux qui craignent l’Eternel se parlèrent l’un à l’autre. L’Eternel fut attentif et Il écouta5. Est-ce que cela ne signifie pas clairement que Dieu se soucie autant de ce que nous nous disons que de ce que nous lui disons ?
____________________
1) Apocalypse 13. 14,15
2) 2 Corinthiens 8. 9
3) 1 Rois 19. 9‑13
4) Malachie 3. 16


22/05/2021
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